ACCUEILLIR LE MESSAGE DU CHRIST
2 Co 5, 14-18 ; Jn 16, 1-7
Mardi de la cinquième semaine de Pâques – B
(20 mai 2003)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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ans le mouvement dans lequel nous sommes et qui termineront les fêtes du Temps Pascal, de l'Ascension et de la Pentecôte, nous sommes aux prises avec ces discours du Christ qui nous annoncent et nous préparent à son départ. La manière dont il fait le bilan de sa présence sur cette terre, comment Il a ramassé à Lui, haine et amour, en effet, il y a toujours autour du Christ une sorte d'ambivalence : Il attire et Il repousse.
On ne peut pas croire facilement qu'il aurait été plus commode pour nous de rencontrer le Christ de son vivant, car il est certain que la figure est forte, mais la figure elle provoque, elle excite, elle exagère. Etre à la fois un homme et ce tout caché de Dieu en Lui, et cette parole qui annonce que non seulement il est Dieu mais qu'Il est envoyé du Père, ces doubles paravents permanents, comme si un Dieu peut en cacher un autre, on pourrait dire cela du Christ, ne sont pas pour simplifier les rapport de l'homme à Dieu, le rapport de l'homme dans sa religion. On pourrait croire que le christianisme a simplifié. Il a tellement intériorisé le rapport de Dieu et de l'homme, qu'il en a compliqué la géographie.
Nous voulons souvent résumer le christianisme à un rapport d'amour et de pardon. C'est vrai et faux. C'est vrai en ce sens que c'est vraiment le message du christianisme mais en même temps, s'il n'est pas rattaché à Celui qui l'a dit, il devient une sorte de caricature, une sorte d'idéologie à bon marché. Il y aurait une manière commode de défaire la tête de cette Église, de défaire la tête de celui qui nous a annoncé le message. Le message n'est compréhensible que dans la bouche de celui qui l'a annoncé, dans la bouche du Fils qui annonce le Père. On ne peut détacher cela de cette transcendance totale inouïe et pleine de majesté qui dit quelque chose de Lui et qui nous invite à le vivre. Ce n'est pas un message humain, c'est un message de Dieu pour les hommes, c'est un message de divinisation, de hauteur, c'est un message qui nous élève. Ce n'est pas d'abord un message qui nous rassemble et nous uns les uns aux autres, sans que rien au milieu de nous n'en signifie ne centre de gravité. Il est la fin de notre vie et nous allons en marchant ensemble vers cette fin, vers ce devenir. C'est une sorte de figure qui attire et il est normal que nous ayons peur et que nous renâclions sur le chemin de Dieu, il est normal que de la haine dans le monde se soit forgée autour du Christ. Le Christ n'est pas une figure simplement qui n'attire que de l'amour. C'est une figure de contradiction qui vient frotter en nous ce qui n'est pas encore prêt à recevoir le message de Dieu, le message chrétien. Tout n'est pas prêt en nous, c'est pourquoi nous marchons et nous vivons, et nous allons vers Lui et le Seigneur nous demande d'y aller afin que le jour où Il partira, ou du moins, Il semble partir, nous l'entendions revenir sous le souffle de l'Esprit Saint qui plus intimement encore se fera présent en nous, au point même que d'ailleurs nous pourrions l'oublier.
Que le Seigneur nous prépare ainsi à ce départ et à ce don, qui est une autre façon de nous rendre plus vivants encore et plus près de Lui.
AMEN