VIVRE ET MOURIR POUR LE CHRIST
Col 1, 24-29 ; Jn 16,1-7
Mardi de la cinquième semaine de Pâques – B
(23 mai 2000)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, les textes de ce jour correspondent parfaitement à l'intention que je vous proposais au début de cette Eucharistie (les moines de Thibérine), ils nous manifestent en effet combien le mystère pascal du Christ peut rejoindre chaque chrétien afin qu'il y participe. Saint Paul dans l'épître aux Colossiens dit "qu'il trouve sa joie dans les souffrances qu'il endure pour le Christ complétant en sa chair la Passion du Christ". Et dans l'évangile, Jésus au moment de quitter ses disciples leur prédit qu'ils seront exclus des synagogues et que vient l'heure où ceux qui les mettront à mort croiront ainsi rendre un culte à Dieu. C'est un grand mystère que celui de cette participation du corps du Christ, c'est-à-dire de nous tous, de tous les chrétiens, à la Pâque du Christ, et d'abord à sa croix, à sa souffrance et à sa mort, car comme le dit saint Paul, ce n'est pas nous qui mourons, c'est le Christ qui meurt en nous, et de même ce n'est pas nous qui vivons, mais c'est le Christ qui vit en nous. Mystérieusement, comme sur la croix, dans l'Église également, de la mort surgit la vie.
La résurrection est le fruit du tombeau. En effet, après avoir prédit à ses disciples qu'ils mourraient comme Lui, et que ceux qui les tueront croiront accomplir ainsi une œuvre de justice, voire de religion, Jésus ajoute : "Si je vous quitte, ne soyez pas tristes, car en partant, je vous envoie mon Esprit. C'est mon Esprit qui sera en vous, et c'est Lui qui fera de vous l'Église, c'est-à-dire mon Corps, qui vous rendra semblables à moi qui vous configurera à moi, de telle sorte que toute souffrance, toute épreuve, toute mort que vous subirez, c'est moi qui les subirai en vous". Et dans l'épître aux Colossiens, après avoir annoncé qu'il complète en sa chair la Passion du Christ, saint Paul conclut que c'est la révélation même du mystère que Jésus est venu apporter sur terre, ce mystère c'est que le Christ est chez les païens, comme chez les juifs, comme chez ses disciples, il est chez tous l'annonce et l'espérance de la Gloire.
Mystérieusement, Jésus en mourant sur la croix, a vaincu la mort et il est ressuscité pour la vie, la sienne et la nôtre, et Il nous invite à mourir avec lui pour ressusciter avec Lui. Et pas seulement nous-mêmes, mais pour qu'à travers nous et à travers nos épreuves, notre mort, cette résurrection atteigne tous les hommes, non seulement le peuple élu, le peuple juif, non seulement ce nouvel Israël que nous sommes comme disciples du Christ, mais aussi les païens. C'est cela la véritable mission de l'Église. Elle ne consiste pas seulement à prêcher l'évangile, même si c'est fondamental et nécessaire, mais à donner sa vie pour l'évangile afin que le monde croie et vive, que tous les hommes aussi ressuscitent.
Tel est le mystère de l'Église, le mystère des disciples du Christ et même si nous ne subirons pas tous le martyre, comme ces moines et ces frères d'Algérie, comme ce peuple algérien qui est déchiré et martyrisé par le fanatisme religieux, notre vie doit cependant devenir une offrande, y compris notre mort, donnée à Dieu pour le salut du monde, en union avec la Passion et la mort du Christ, pour la vie et la Résurrection.
AMEN