TROIS IMAGES POUR UN MÊME MYSTÈRE

Col 1, 12-20 ; Jn 15, 1-8

Lundi de la cinquième semaine de Pâques – A

(23 mai 2011)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

La vigne porteuse de fruits

F

rères et sœurs, dans cette page d'évangile très connue de saint Jean, nous est proposée une image structurelle de la relation entre le Christ et l'Église. L'Église est une vigne, Jésus est le cep, les sarments vivent de la sève que leur fournit le cep. Ainsi, nous sommes les membres de cette vigne qui reçoit du Christ la vie même de Dieu.

Cette image de la vigne que développe saint Jean est parallèle à une autre image que nous avons entendu hier qui est la version de saint Pierre sur le même mystère. Il nous dit que l'Église est un édifice, une construction, une maison bâtie sur une pierre d'angle qui est le Christ et une maison faite de pierres vivantes que nous sommes. Une maison faite de pierres vivantes, une vigne avec des sarments qui sont fixés sur le cep de même que les pierres doivent s'organiser en un édifice, en étant toutes reliées à la pierre d'angle, la pierre fondamentale.

Il y a une troisième image de ce même mystère, qui est chère à saint Paul et dont il parle souvent, à laquelle il a fait allusion tout à l'heure dans son épître aux Colossiens, c'est l'image du corps. Nous sommes les membres d'un même corps et Jésus est la tête de ce corps. De même que les sarments reçoivent la vie par la sève qui vient du cep, de même le corps vit de la vie que lui donne l'Esprit, la tête, le Christ. De la même manière, la construction s'édifie sur la pierre d'angle qui est le fondement de cette construction.

Chacune de ces images nous apporte une précision sur ce qu'est l'Église. Par l'image du corps unie à la tête, c'est véritablement la subordination de l'Église au Christ qui est dépendante de lui, qui nous est développée. Dans l'image de la vigne, c'est surtout la communication de la vie par la sève, c'est cette interpénétration entre le Christ et son Église qui fait que la vie même qui jaillit du Christ, du côté transpercé du Christ sur la croix, cette vie est la sève qui nourrit l'Église. La comparaison de saint Pierre avec la construction de pierres vivantes insiste davantage sur l'organisation de cette Église, la structuration, car chaque pierre a sa place, mais saint Paul disait équivalemment que chaque membre avait sa fonction propre.

Que nous soyons remplis d'action de grâces pour ce mystère de l'Église, cette Église qui est la vigne et dont le Christ est le cep, cette Église qui est la construction dont le Christ est la pierre d'angle, cette Église qui est le corps dont le Christ est la tête. Que ce mystère de l'union de l'Église à son Christ remplisse notre prière et notre vie.

 

AMEN