SOUS LA MOUVANCE DE L’ESPRIT

Ga 5, 13-25 ; Jn 12, 44-50

Lundi de la cinquième semaine de Pâques

(15 mai 2006)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

Monemvassia - La citadelle

C

ette épître aux Galates, et spécialement le passage que nous avons entendu nous permet de discerner lorsque nous sommes dans l’Esprit ou que nous n’y sommes pas. Nous ne pouvons pas avoir d’assurance immédiate et nous serons surtout plus convaincus de nous-mêmes que convaincus de Dieu. Il y a des manières de faire qui effectivement sont des manières de s’approprier Dieu et surtout la manière dont nous pensons que d’autres devraient le penser, le prier, le célébrer.

La générosité personnelle se conquiert toujours sur une sorte de suffisance personnelle. Nous ne sommes pas naturellement portés à poser des actes qui concernent la communauté. Nous pensons toujours à nous-mêmes et nous commençons par nous-mêmes, et le centre de gravité restera désespérément nous-mêmes, et d’ailleurs, cela a beaucoup de conséquences sur le plan psychologique. Ce que nous avons à vivre, nous devons le vivre ensemble, ou rien. C’est là qu’est l’Esprit, non pas que l’Esprit ne vienne pas ensuite atteindre chacun d’entre nous, mais quand l’acte est désintéressé de ce que nous pouvons en attendre nous-mêmes, il est sous le mouvement de l’Esprit Saint.

Quand nous entendons les conséquences comme "charité" qui est première, ce n’est pas une sorte de réussite personnelle, c’est que nous sommes dans le mouvement de la charité qui construit l’humanité nouvelle. Charité, et ensuite, la conséquence en est la joie, puis la paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, et ensuite seulement maîtrise de soi. Et je pense que souvent, nous commençons par une certaine maîtrise de soi et du réel en premier, comme si c’était la garantie : je suis certain, que … il faut que … Le premier effet de l’Esprit Saint est la charité et c’est quand nous sommes dans cette charité, car nous n’y sommes pas en permanence, Dieu nous y invite, mais nous y échappons, nous préférons construire par nous-mêmes.

Frères et sœurs, que cette déclinaison des actions et des effets de l’Esprit Saint nous mobilise afin qu’effectivement, nous continuions à construire, pas pour nous-mêmes mais pour les autres, une œuvre plus gratuite qui est l’œuvre de la charité dont l’Église est la figure. Demandons au Seigneur qu’il nous donne le goût de cette charité qui est l’amour de Dieu et des hommes, et que nous n’y voyions pas un intérêt propre mais l’intérêt même de Dieu pour le salut du monde.

 

AMEN