C'EST LE CHRIST QUI NOUS SAISIT LE PREMIER

Ph 3, 7-14 ; Jn 10, 27-30

Mardi de la quatrième semaine de Pâques – A

(19 avril 2005)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

E

ssayer de se replonger, de se ressourcer dans ce qui a fait qu'un jour, nous avons pris le chemin vers Dieu, qu'un jour nous avons voulu relever nos manches et nous mettre à la construction du Royaume de Dieu, qu'un jour nous avons espéré et compris que le Seigneur voulait nous appeler à parvenir à dépasser, à pascaliser tout ce qui dans notre vie était encore trop terne, trop médiocre, trop de l'ordre de la mort. Mais il ne faut pas oublier dans la course de notre vie chrétienne que si Dieu fait appel à notre liberté, et donc aussi à notre volonté, c'est lui le premier qui a donné la force, qui a dynamisé ce désir en nous de vouloir le rejoindre, de vouloir l'aimer, de vouloir arriver au but. Et ce serait un leurre de croire que par nos simples forces nous pourrions y arriver. Le désir de la course est bon, le désir du but est bon, c'est encore seulement, et seulement si nous savons, nous confessons que c'est parce que nous avons été saisis par Dieu.

Il y a une démaîtrise dans la vie chrétienne. L'homme moderne est encore trop sûr de lui, de ses capacités et de son pouvoir. L'homme chrétien aussi peut être parfois tenté de croire qu'il suffit de faire les efforts, de prendre les décisions qui s'imposent pour arriver au but. Mais ce serait oublier ce que saint Paul affirme : il faut d'abord que ce soit le Christ qui vous saisisse, il faut que ce soit lui qui vous prenne de sa main. Il faut que ce soit lui qui vous tienne et qui vous tienne à bout de bras. Alors peut-être le texte de l'évangile peut s'éclairer pour nous. Jésus dit que les brebis écoutent sa voix, qu'elles le suivent, et que personne ne peut les arracher de sa main. Que personne encore plus, ne peut les arracher de la main du Père ceux qui lui ont été donnés. Christ nous donne à Dieu, et Il nous a saisi sur le bois de la croix, et de cette main clouée sur le bois de la croix, il en arrache toutes les ténèbres, toute la mort pour nous saisir et nous ramener vers le Père.

Désormais, rien ni personne ne peut nous arracher de la main du Christ. C'est ainsi que l'amour et l'étreinte de Jésus nous tiennent en sa main pour nous conduire vers le Père et qu'ainsi saisis, nous pouvons être remplis du désir d'être près de lui.

 

AMEN