SAISIR OU ÊTRE SAISI ?
1 Co 15, 1-10 ; Jn 6, 1-15
Lundi de la troisième semaine de Pâques – A
(11 avril 2005)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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ans cet évangile, Jésus est comme obligé de se retirer, de se dégager de la manière dont ceux qui l'entourent voulaient le saisir, le conquérir, se l'accaparer. Dieu à travers le Christ, donne des signes. Les signes sont donnés et Dieu écrit sa présence dans la vie des hommes, mais il y a pas seulement le signe, mais aussi la manière dont les autres peuvent le lire. En quelque sorte, croire avoir saisi l'ensemble du signe, et si le signe ne montre pas un ailleurs, une autre chose encore incomprise, si le signe est accaparé, récupéré, s'il est clos sur lui-même, alors, il perd de la pédagogie que Dieu veut déployer pour les hommes.
Le signe est une sorte de direction dont le sens ne peut pas s'épuiser. Il y a une éloquence de Dieu, qui toujours à travers ses signes en dit et en même temps, en cache le mystère même qu'il veut déployer ou laisser entrevoir chez les hommes. Dieu à travers le Christ déploie cette immense générosité qu'on a vu à travers la multiplication des pains, et aussitôt les hommes qui l'entourent voudraient s'en emparer, le garder pour eux : j'ai trouvé ce qui me convient, et maintenant, je m'y installe. C'est le même réflexe qui poussait Pierre à construire les tentes au Tabor, lors de la Transfiguration, installons-nous, baignons-nous dans ce mystère.
Il y a une manière dont le signe est une invitation à être saisi, étonné par la présence de Dieu, de sa générosité, par la manière dont Il déploie à travers chacun de nous et dans notre vie, son salut sous toutes ses formes, et en même temps, Il nous laisse comme légèrement affamés pour que nous puissions continuer notre chemin, et non pas nous arrêter, comme si nous avions trouvé là de quoi nous asseoir, et cesser de continuer à marcher dans cette vie. C'est à la fois une manière dont le Christ laisse les indices, les traces de la façon dont il vient nous visiter, mais c'est lui qui nous saisira, ce n'est pas nous qui le saisirons. C'est ce que dira saint Paul à plusieurs reprises : "ayant été saisi, je me suis laissé saisir par le Christ".
Laissons-nous nous-mêmes saisir par le Christ pour que nous n'ayons pas la tentation de nous l'accaparer, de le récupérer pour nous, comme si ayant tout trouvé, nous puissions enfin nous arrêter sur le bord du chemin et ne pas continuer sur cette route qui nous mène au Père.
AMEN