LA PEUR

Ac 4, 8-12 ; Mc 16, 1-8

Lundi de la deuxième semaine de Pâques – C

(23 avril 2001)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

C

'est d'abord l'histoire d'une peur, de la peur de ces femmes qui rebondit, peur de ne pas être capable de rouler la pierre qui avait été placée devant le tombeau, peur de rencontrer Celui qui était mort, et enfin peur de rencontrer celui qui annonce la Vie. "Elles ne dirent rien à personne car elles avaient peur". On ne peut pas vernir le temps des apparitions comme un temps de béatitude spontanée et systémati­que de la part de ceux qui rencontrent le Christ res­suscité. Il y a un mélange dans l'expérience de la ren­contre du Christ ressuscité que nous avons vu hier d'ailleurs avec Thomas, qui ne balaie pas complète­ment l'effroi et devant la mort et devant l'auteur de la Vie qui est Dieu. Il y a une sorte d'effroi divin qui saisit ceux qui sont amenés à rencontrer le Christ res­suscité, qui fait partie d'ailleurs de l'expérience de la rencontre de Dieu. C'est sur cet effroi-Vie que com­mence, s'inaugure la prédication chrétienne de la Ré­surrection. Comme le raconte Job au début de son livre : "un frisson divin le saisit lorsque que quelqu'un annonce la présence de Dieu". Et nous avons à atten­dre et à entendre de la part de Dieu qu'Il apaise notre peur : "Ne vous effrayez pas", comme Il va le dire à ces femmes au matin de la Résurrection, et Il le dira souvent, comme aux apôtres, lorsqu'Il marche sur les eaux.

Cet apaisement, cette annonce de la paix, seul Dieu peut nous le dire, nous ne pouvons pas trouver en nous les forces d'affronter ce qui peut nous ef­frayer. Cela se reçoit de Dieu. Et ces femmes qui cou­rent et qui s'enfuient du tombeau, c'est vrai qu'elles fuient la mort, qu'elles fuient hors d'elles-mêmes, de ce qu'elles étaient venues chercher, pour plus tard, aboutir à découvrir qu'elles ont rencontré la Vie et qu'elles ont à témoigner de cette Vie.

Il en est de même pour nous, nous avons à fuir ce qui en nous est mort, à nous enfuir rapidement, hors de ce tombeau qui menace souvent nos vies inté­rieures pour être témoins de la Vie que Dieu com­mence à inaugurer en chacun de nous.

 

 

AMEN