LA PIERRE REJETÉE DES BÂTISSEURS
Ac 4, 8-12+15-21 ; Mc 16, 1-8
(27 avril 1981)
Homélie du Frère Serge JAUNET

Sylvanès : Pierre rejetée …
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urant ces deux dernières semaines, l'octave pascale et la semaine sainte, nous n'avons cessé de tourner nos yeux et notre cœur vers le Christ Jésus, en son mystère de mort et de résurrection. Nous n'avons cessé, en Église, et seul aussi, chez nous, de méditer sur ces versets du psaume 117 que nous rapporte saint Pierre dans la lecture des Actes des apôtres : "La pierre que les bâtisseurs avaient rejetée est devenue la pierre d'angle". Le Christ Jésus que les bâtisseurs, que nous-mêmes nous avons rejeté dans la mort, est devenu notre vie, est devenu celui qui fait tenir tout l'édifice de l'Église, tout l'édifice de l'humanité sauvée, de l'humanité qui revit à jamais avec Lui.
Si vous voulez aujourd'hui, toujours en gardant nos yeux tournés vers le Seigneur, pensons à notre Église, pensons à nous-mêmes pensons chacun à ce que nous sommes. Car ce qui est une loi pour le Christ : "De rejeté qu'Il était Il est devenu Celui qui est le Tout de l'édifice, celui qui fait tenir l'édifice ensemble, celui qui est la pierre d'angle", cela est vrai pour notre Église, cela est vrai pour chacun d'entre nous.
Ce qui, aujourd'hui comme hier, dans notre Église, semble jeté au rebut, semble rejeté par tous, souvent, dans l'invisible, c'est cela qui fait tenir l'Église. Telle personne, pour qui l'on n'a pas beaucoup de considération est souvent, par sa prière, par sa vie cachée, celui ou celle qui fait que l'Église aujourd'hui tient debout. Ces Églises qui nous paraissent si pauvres, ces communautés d'Église qui nous paraissent pauvres, qui nous paraissent sans brillant, sans brio, ce sont souvent elles qui font tenir l'Église, qui font que l'Église est encore aujourd'hui pour tout homme le lieu de la vie.
Et si nous regardons en nous-mêmes, au plus profond de nous-mêmes, c'est souvent ce que nous voudrions rejeter de nous-mêmes, ces faiblesses, ces lassitudes, peut-être même ces penchants vers le mal c'est souvent, à partir de là, à partir de ce que nous voudrions mettre hors de nous-mêmes, c'est souvent à partir de là, que le Christ, que le Seigneur construit, en nous, le vrai chrétien, l'homme, la femme qui est uni à son Seigneur, l'homme et la femme qui vit de cette vie toute spirituelle.
Oui, frères et sœurs, si le Christ, la pierre qui a été rejetée des bâtisseurs, est devenue la pierre d'angle, dans notre Église et en nous-mêmes, en chacun d'entre nous, ce que souvent nous voudrions rejeter, c'est souvent cela qui est le plus important aux yeux de Dieu, c'est souvent cela sur quoi est construite notre vie en Christ.
AMEN