RECHERCHER LA PRÉSENCE
Ac 13, 16+26-37 ; Mt 28, 16-20
Samedi de la première semaine de Pâques B
(14 avril 2012)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Campagne d'Emmaüs
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V |
oici que je suis avec vous jusqu'à la fin du monde". Ce sont les dernières paroles de Jésus à ses disciples. Bien sûr, on peut comprendre ces paroles au premier degré, à savoir, une présence physique, une présence personnelle de Jésus, d'un homme ou d'un Dieu qui se tiendrait à nos côtés. Or, nous le savons, nous pouvons avoir à côté de nous une personne sans qu'elle soit avec nous. Il ne suffit pas que cette personne soit à côté de nous pour qu'elle soit avec nous.
La manifestation de cette phrase de Jésus, son accomplissement se fait à travers le discours de Paul que nous avons entendu en première lecture. Paul au départ est un pharisien, un homme versé dans la Loi, un homme qui manie parfaitement la rhétorique grecque, et qui ne peut imaginer que Dieu se tient à côté de son peuple Israël, pendu au bois de la croix. Tout simplement, et il a raison, c'est dans les Écritures, il est dit : "Maudit soit celui qui est pendu sur le bois de la croix".
Or à travers cette expérience du chemin de Damas, Paul va découvrir que celui qui s'est fait proche des hommes Dieu l'a fait proche d'une manière inconsidérée en acceptant de mourir comme tout homme, et pire, comme un esclave. Cela ne suffit pas pour manifester cette présence effective, totale et éternelle de Dieu auprès des hommes. En fait, la dernière manifestation que l'on peut voir, et notamment à travers le discours de Paul, c'est ce que les juifs ont pour habitude d'appeler le pescher, qui est de découvrir qu'une parole de Dieu s'accomplit à un moment donné dans notre vie. C'est donc relier à la fois une parole de Dieu, un verset des Écritures, à ce qui se passe là, maintenant. C'est la plus belle manifestation de la présence de Dieu auprès de nous.
A travers l'exercice que Paul mène dans son discours en face des juifs il leur prouve à travers les Écritures que Jésus est bien le Messie, et c'est ce que Pierre fait aussi devant les juifs. Ce n'est pas simplement de la rhétorique, de l'apologétique, pour nous rassurer ou pour gagner des baptisés, mais c'est pour manifester que Dieu vit avec nous, toujours aujourd'hui, parce qu'il y a une union, un rapprochement, il y a une communion entre la parole de Dieu et les actes et les événements que nous vivons.
C'est cela que le croyant doit chercher passionnément dans les Écritures. Il ne faut pas lire les Écritures pour se sécuriser par rapport au monde ambiant, comme pour essayer de lire à l'avance ce qui va se passer, mais simplement comme deux amis qui échangent l'un avec l'autre, leur propre expérience de vie, ce qu'ils ont traversé, ce qu'ils ont vécu, et découvrir qu'il y a une communauté, une communion, quelque chose qui nous rapproche. C'est comme cela que le Seigneur se fait toujours proche de nous.
AMEN