LA MISSION UNIVERSELLE

Ac 13, 16+26-37 ; Mt 28, 16-20

Samedi de semaine de Pâques – C

(14 avril 2007)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, cette semaine de Pâques s'achève, nous avons entendu le récit de la dernière apparition de Jésus aux disciples, en Galilée. En même temps, ce samedi de Pâques s'appelle traditionnellement le samedi "in albis" (dans les vêtements blancs), parce que les néophytes baptisés dans la nuit de Pâques étaient convoqués pour ce samedi, avant de déposer les vêtements blancs demain.

L'évangile que nous venons d'entendre est particulièrement riche. Je voudrais en retenir trois points. Le premier point, c'est que dans cet évangile, Jésus exprime de façon très précise la mission universelle qui est confiée à l'Église et très particulièrement aux Onze qui sont comme la colonne vertébrale de cette Église. Cette mission est universelle : "Allez, enseignez toutes les nations". Ceci n'annule pas le rôle d'Israël que saint Paul soulignait dans le passage des Actes que nous entendions juste avant, il dit : "Vous frères, les enfants de la race d'Abraham, c'est à vous que ce message de Salut a été envoyé". Il rappelle que toutes les prophéties ont préparé ce mystère de la Pâque du Christ. En beaucoup d'autres endroits, saint Paul dira aux juifs qu'ils n'ont pas voulu entendre, et que c'est la raison pour laquelle cette Bonne Nouvelle a été annoncée à tous les païens. Mais il faut nous rappeler que l'élection d'Israël depuis Abraham et même dans ses racines antérieures, c'est l'élection de l'humanité tout entière. A Abraham il avait été dit : "En toi seront bénies toutes les nations de la terre". Par conséquent, ce message adressé à Israël c'est précisément l'appel de l'humanité tout entière à la grâce et au Salut, c'est pourquoi : "Allez enseignez toutes les nations pour en faire des disciples". C'est la première idée force qui nous est donnée par cet évangile dans lequel se conclut cette Pâque du Christ.

Le deuxième point est précisément le rappel du baptême. Je disais il y a un instant que ce samedi est le jour "in albis" des néophytes, et dans les consignes que Jésus laisse à son Église il dit : "Baptisez les nations au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit". Ce baptême que Jean-Baptiste a i,auguré, que Jésus a reçu, qui s'est accompli dans sa mort et sa résurrection, ce baptême est désormais ouvert et il est le signe sacramentel de cette prédication universelle, et dans quelques jours, à la Pentecôte, nous verrons par la venue visible de l'Esprit Saint, s'inaugurer cette multiplication de l'Église par le baptême de la foule entière rassemblée autour des apôtres.

Le troisième point, c'est que pendant le temps de l'Église qui s'inaugure maintenant, qui s'enracine dans cette Pâque, pendant ce temps de l'Église on peut dire tout à la fois que le Christ est absent, c'est un des aspects du mystère de l'Ascension, le Christ quitte notre monde, il n'en fait plus visiblement partie. Cependant, le Christ est présent : "Voici que je suis avec vous jusqu'à la fin des temps pour toujours". Il n'est plus présent dans le monde corporellement, comme il l'était pendant sa vie terrestre, mais il est présent spirituellement et corporellement par l'Église qui est le Corps du Christ, qui est le prolongement vivant du Christ ressuscité dans ce monde.

C'est la mission de l'Église d'être présence de Dieu vivant, présence du Christ ressuscité. C'est notre mission à nous. Nous avons tous reçu cette mission de rendre le Christ présent parmi nos frères, dans l'histoire du monde.

Que par ce triple mystère de la prédication universelle, du baptême et de la présence vivante du Christ en nous et par nous, s'accomplisse le dessein de Dieu.

 

 

AMEN