UNIVERSALITÉ DU SALUT
Ac 13, 16+26-37 ; Mt 28, 16-20
Samedi de la première semaine après Pâques- A
(2 avril 2005)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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rès bref passage de l'ultime apparition de Jésus à ses apôtres. Demain, après avoir tous les récits d'apparition pendant cette octave, nous aurons celle qui a lieu huit jours après, avec Thomas. Donc, il y a un aspect chronologique. Aujourd'hui, nous lisons la finale de toutes les apparitions, avec cet envoi en mission que le Christ donne à ses apôtres : "Allez, de toutes les nations faites des disciples". Une mission universelle, Matthieu depuis le début de son évangile a cette préoccupation que lorsque Jésus vient, même s'il n'est atteint que par quelques personnes qui le voient, qui le touchent, qui l'entendent, ce n'est pas pour le petit groupe qu'il est là présent, mais c'est bien pour l'ensemble de l'humanité où qu'elle soit, quel que soit le lieu où elle est, quel que soit le temps qui est le sien. "De toutes les nations", ce n'est pas simplement réservé à la petite terre de Judée. "Et moi, je suis pour toujours avec vous jusqu'à la fin du monde" : ce n'est pas réservé aux quelques années de Jésus vivant avec ses disciples. Cette phrase même de l'apparition du ressuscité aux apôtres fonde l'existence de notre foi chrétienne aujourd'hui. Nous sommes le "toutes les nations " demandées par Jésus, nous sommes le "jusqu'au bout du monde", le signe de sa présence dont la réalité sacramentelle les baptisant au nom du Père, du Fils et du saint Esprit est la signification sacramentelle de la présence de Jésus au cœur de tout homme, au cœur de toute vie quel que soit le lieu de son existence, quelle que soit l'époque à laquelle il vit.
Matthieu avait commencé son évangile par une généalogie, où il disait : Jésus fils d'Abraham. Il donne Abraham en début de sa généalogie, Abraham père de tous les croyants, le père de cette universalité déjà inscrite dans le fait que Dieu n'est pas réservé à quelques élus, pas même à un peuple élu. C'est Matthieu aussi qui nous avait introduit à cette universalité en annonçant : "Galilée des nations sur toi une lumière s'est levée, toi qui gisais à l'ombre de la mort". Et des villes de la décapole et de la Samarie, tous les gens venaient à lui. Jésus pour la finale de sa Bonne Nouvelle donne rendez-vous à ses disciples non pas à Jérusalem, mais en Galilée : "Quand aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, sur la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous" ?
Mais c'était déjà aussi inscrit dans son enfance, c'est l'universalité qui était venue contempler le Christ roi, ce sont les mages : "Où est-il le roi des juifs" ? ces mages venus d'ailleurs, ces mages venus de loin, d toutes ces nations venant contempler la vraie lumière. C'est aussi cette mission qui est inscrite en passant par la réalité de ce qu'est Israël, dans la première mission confiée aux douze, Jésus leur dit de s'adresser aux fils de la maison d'Israël, parce que par l'Un, par l'Unique, par le particulier, cet unique étant choyé, aimé pour qu'il puisse ensuite annoncer la bonne nouvelle pour qu'il puisse ensuite en être le prophète, comme le sacrement de l'annonce de la Résurrection : "Baptisez-les, annoncez, et moi, je suis avec vous jusqu'à la fin du monde". Quelle espérance, quelle joie et quel bonheur sont inscrits dans ces paroles. Il s'agit de se rendre compte que la vie de Jésus, sa résurrection n'a pas été pour lui, mais bien pour tous les hommes et pour nous aujourd'hui., et qu'elle doit atteindre l'universalité de nos vies et nous ayant atteints personnellement, rendre à Dieu, dans l'unique et seul amour qu'Il nous demande.
La pointe de l'évangile de Matthieu c'est "ce que vous aurez fait au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'aurez fait". C'est là que se vit désormais l'expérience universelle du Salut demandé par Jésus.
AMEN