LE SECRET D'UNE VIE
Ac 2, 36-41 ; Jn 20, 11-18
Mardi de Pâques – B
(10 avril 2012)
Obsèques de Josée
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Marie … Maître bien-Aimé !
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hère Magali à qui je voudrais associer votre sœur Laurence qui ne peut pas être parmi nous aujourd'hui, héla, mais qui est j'en suis sûr présente mystérieusement dans notre cœur mais aussi dans le cœur de sa maman, chers amis et membres de la famille de Josée, chacun a une manière de vivre sa mort qui révèle son propre secret. Je crois que pour Josée, elle nous a vraiment dit son secret.
D'abord le fait de mourir au moment même où toute l'Église va entrer dans la Pâque du Christ, un peu comme si elle nous disait : désormais, je vais vous montrer le chemin. Ce n'était pas dans son style de s'imposer ou de jouer au chef, elle était d'une discrétion et d'une simplicité extraordinaires, mais presque malgré elle, c'est vrai, elle nous a montré ce chemin. Elle est entrée dans la mort, dans la Pâque du Christ au moment où toute l'Église était en train de prier sur les textes de Jésus qui va entrer dans sa mort, qui va souffrir, qui va être crucifié et qui va ressusciter. Et à l'autre bout, elle nous rassemble aujourd'hui au surlendemain de Pâques, c'est-à-dire dans la joie pascale. C'est son côté extraordinaire de nous avoir dit : au moment où je meurs, je meurs avec le Christ, et maintenant, et puisque vous êtes là tous rassemblés autour de moi et avec moi, je suis ressuscitée avec le Christ.
C'est vraiment le génie chrétien de celle qui est venue si souvent prier avec nous dans cette église, de celle qui a beaucoup réfléchi à sa foi, à sa vie chrétienne. On a retrouvé sur sa table de chevet un livre du Père Michel Rondet qu'elle connaissait bien, et elle avait découvert le secret de sa vie qui était le Christ. Au fond, le secret de la vie de Josée, à travers une vie qui sans doute n'a pas toujours été facile, qui a dû porter des fardeaux parfois très lourds, qui a dû faire face à des situations où elle aurait pu se décourager, mais elle a toujours tenu avec une énergie et une simplicité, une discrétion et une force extraordinaires.
D'où vient ce secret qu'il y a dans son cœur ? Je crois que c'est l'évangile d'aujourd'hui encore qui nous le révèle. Quand Marie-Madeleine va au tombeau, elle a un peu la même attitude que Josée. Même s'il faut faire face aux difficultés, à la mort, aux échecs, on y va ! C'est pour cela que Marie-Madeleine est une si grande figure dans la dévotion de l'Église, c'est parce que c'est celle qui, bravant toutes les difficultés, tous les obstacles, toutes les contradictions, tout le monde avait fui, et elle, le lendemain de Pâques, elle veut retourner au tombeau. Elle veut aller voir, elle veut être là, présente, près du Seigneur, il est mort, mais cela n'empêche, elle veut être auprès de lui. Elle est toute surprise de trouver le tombeau vide, elle ne comprend rien. Jusqu'au moment où elle entend son nom : "Marie". Et là elle comprend tout !
Si vous voulez, c'est Josée. Je crois que le secret de la vie de Josée, c'est qu'elle a compris que le Christ l'avait appelée par son nom et que désormais si vraiment le Christ la connaissait, elle, dans sa vie toute simple, tout ordinaire, dans toutes ses charges et tous les ennuis et les soucis qu'elle portait, si Dieu la connaissait de façon aussi intime et aussi personnelle, elle pouvait vivre dans une confiance absolue avec lui et pour lui. Je dirais que d'une certaine manière, c'est le testament qu'elle nous laisse. Elle nous laisse un testament spirituel extraordinaire. Elle nous dit à chacun : la vie n'est pas très facile, mais pour peu qu'on l'aborde avec cette confiance, cette force d'âme, avec ce courage et cette abnégation, à certains moments on sait qu'on est appelé par son nom et que celui qui nous appelle c'est le Christ lui-même.
C'est la grandeur de Josée. J'espère que maintenant, quand on entendra ce prénom résonner dans notre cœur ou dans notre mémoire, on l'associera à la figure de Marie-Madeleine le matin en route vers le tombeau, dans ce petit matin de Pâques, au printemps, dans un jardin. Et là au milieu de la surprise et du désarroi, devant le tombeau vide, tout à coup, elle-même, Marie-Madeleine ressuscite parce que le Seigneur l'appelle par son nom.
Je pense que c'est ce qui se passe aujourd'hui pour Josée. Quand elle est entrée dans le Royaume de Dieu, elle a entendu simplement cette voix qui lui disait : Josée, rentre dans la joie de ton Maître. Là, elle a reconnu celui qui l'avait appelé et qui l'avait accompagné tout au long de sa vie, et elle s'est jetée dans ses bras.
AMEN