QUI CHERCHES-TU ?
Ac 2, 36-41 ; Jn 20, 11-18
Mardi de la semaine pascale – C
(1er avril 1986)
Homélie du frère Daniel BOURGEOIS
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emme, pourquoi pleures-tu ?Qui cherches-tu ?" Dans cette apparition de Jésus à Marie-Madeleine, la seule différence dont les anges s'adressent à elle et la manière dont le Christ lui parle, réside dans cette question : "Qui cherches-tu ?"
Par bien des côtés Marie-Madeleine représente ici le mystère de l'Église, l'Église qui pleure l'absence de son Seigneur, l'Église qui le cherche et qui ne cesse, à tout moment, d'identifier le visage de son Seigneur. L'Église, aussi, sur laquelle se penchent avec beaucoup de douceur, les anges qui signifient ici toute la présence du Royaume de Dieu, ces anges qui, comme le dit saint Pierre, "se penchent avec convoitise sur le mystère qui vient de s'accomplir sur la terre." Mais la différence entre les anges et le Christ, c'est que le Christ a compris le désir et la recherche qui étaient dans le cœur de Marie-Madeleine.
"Qui cherches-tu ?" Jésus sait déjà que, dans le cœur de cette femme, c'est tout le désir de la rencontre du Christ dans sa gloire, dans son Royaume qui l'a conduite vers le tombeau, au matin de la Pâque. Jésus le sait, parce que c'est Jésus qui lui a mis ce désir dans le cœur. Et alors toute la scène de la Résurrection se déploiera simplement entre ce moment où le Christ Ressuscité a mis dans le cœur de Marie Madeleine, et met aussi dans notre propre cœur à nous, ce désir de le chercher et de le rencontrer, et l'ultime moment de la reconnaissance.
"Rabbouni ! Marie !" C'est le statut de notre foi en la Résurrection. A la fois nous sommes dans le cœur desquels le Christ a mis ce désir profond de la gloire du Royaume, de la Résurrection, de la vie éternelle partagée avec le Christ Ressuscité, et en même temps, jour après jour, le Christ, par cette espèce de jeu subtil de questions de réponses, de présence et d'absence, éveille, au plus intime de notre cœur, le sens de la reconnaissance.
Par le baptême, Il nous a appelés par notre nom et Il nous donne, chaque jour, de le confesser comme le Rabbouni, le Seigneur, le Maître, Celui qui instruit notre cœur, Celui qui façonne notre désir, Celui qui construit notre manière de vivre pour Lui. Que ce temps de la Résurrection soit pour nous vraiment ce moment où, comme dans le cœur de Marie, s'éveille cette aube de la reconnaissance du visage de Dieu pour que nous puissions, à notre tour, émerveillés, dire comme tous les témoins de la Résurrection : "Tu es le Maître ! Tu es le Seigneur ! Tu es notre gloire ! Tu es le Ressuscité !"
AMEN