L'ATTENTION A NOS FRERES MALADES
Gn 29, 1-14 ; Mc 2, 1-13
(29 janvier 2005)
Homélie du Frère Yves HABERT
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eux petites choses. La première, c'est qu'il n'y a pas d'options dans la vie chrétienne. Le baptême, ce n'est pas comme une voiture où il aurait un certain nombre d'options, nous parons tous sur la même ligne de départ. Nous avons tous à faire fructifier les dons que Dieu nous donne. Il n'y a pas d'options, dans le sens où un baptisé pourrait se dire, moi je peux échapper à tel aspect de la vie chrétienne, puisque ce n'est pas fourni dans l'ensemble. Il n'y a pas d'options, mais il y a des appels. Il y a un appel qui est lancé à toute l'Église, qui est lancé à tout chrétien, c'est cet appel à avoir soin de nos frères et sœurs malades. C'est un appel qui est lancé à tous. Il n'y a pas certains chrétiens qui auraient reçu cette option particulière d'avoir le soin de nos frères malades, et puis les autres qui pourraient s'en dispenser, mais c'est vraiment lancé à tous. Pourquoi ? parce que Jésus a mis vraiment une priorité pour nos frères et sœurs malades.
J'aime beaucoup cet évangile du paralytique à cause de ces quatre hommes. C'est un peu comme les amis de Job, sauf qu'ils se taisent et déploient une ingéniosité extraordinaire pour défaire le toit et passer le grabat par la cheminée. Quatre. Quand je visite, et ce matin encore, des malades à l'hôpital, ce qu'il y a chaque fois aussi c'est une sorte de conjonction pour amener un malade à Jésus. Il y a la famille, les amis, les proches, avec des niveaux de foi très différents, avec certains qui n'osent pas venir au sacrement des malades, parce que pour eux, c'est hors de leur force, d'autres qui tiennent à être là. Il y a le personnel soignant, les infirmiers, les médecins, qui nous préviennent, nous signalent des personnes, et ils sont attentifs à ce que la personne reçoive ce qui est bon pour elle. Il y a l'équipe d'aumônerie qui assure une présence à l'hôpital, qui veille à l'harmonie, qui veille à ce que personne ne soit oublié. Et il y a aussi notre communauté chrétienne. Je crois que c'est un interlocuteur privilégié dans le soin aux malades, même si vous ne vous êtes pas déplacés, même si vous n'y allez pas tous les jours, vous êtes là et vous manifestez la présence du Ressuscité, vous manifestez que la pierre qui bloque le tombeau, le puits de Laban, cette pierre a été enlevée et que la force du Ressuscité est à l'œuvre et que l'on communie. C'est la première chose que je voulais signaler, c'est ce "quatre", parce qu'il y en a quatre qui doivent témoigner de leur foi, y compris une sorte de foi humaine de la part des soignants qui ne sont pas forcément croyants.
La deuxième chose, c'est que dans cet évangile, vous avez remarqué, il n'y a que Jésus qui parle. Il parle, Il guérit, Il lit dans les pensées, il explique et Il continue à parler. Il n'y a pas d'explication à donner aux malades, et tous les autres se taisent. Toutes les autres paroles sont inutiles, hormis celles de l'ingéniosité pour faire parvenir à Jésus. Jésus ne donne pas une explication, Il manifeste sa compassion, Jésus souligne le lien entre le péché et la maladie, ce lien qui est souligné par le sacrement des malades, ce lien qui est difficile à comprendre, mais ce lien que souligne Jésus est dans l'unique but de montrer la puissance qu'Il a par rapport au péché. S'Il souligne ce lien, ce n'est pas forcément pour dire que le malade est celui qui a péché, au contraire, Il dit absolument l'inverse, mais s'Il souligne ce lien c'est pour dire la force qui est à l'œuvre dans sa chair, dans cette compassion qu'Il manifeste auprès de ce paralytique.
AMEN