LA SAGESSE DE DIEU RECHERCHE L'HOMME
Pv 8, 32-9
(1er février 1985)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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ans la lecture du livre des Proverbes que nous avons faite hier et qui se continue aujourd'hui, la Sagesse est présentée comme une véritable personne divine. Hier, elle nous disait que "elle était auprès de Dieu comme son enfant, faisant ses délices, jour après jour, et jouant en la présence de Dieu". Et voici que cette même Sagesse nous interpelle aujourd'hui : "Mes fils, écoutez-moi, écoutez l'instruction ! Ne méprisez pas la sagesse ! Heureux l'homme qui veille jour après jour à mes portes".
La Sagesse, cette émanation de Dieu, s'adresse donc au cœur de chacun de nous et nous implore. Dieu, en quelque sorte, nous supplie d'écouter, de prêter l'oreille, de nous établir devant la porte de la maison de Dieu pour y veiller, jour après jour, pour garder les montants des portes de la maison de Dieu, parce que dit la Sagesse : "Celui qui me trouve, trouve la vie et il obtient la grâce de Dieu."
Plus loin, la Sagesse va elle-même se mettre en quête des hommes. Non seulement elle nous appelle, non seulement elle nous dit de veiller à sa porte, mais elle-même va parcourir les chemins, dépêcher ses servantes dans les carrefours, sur le haut de la ville, pour appeler tous les hommes à son festin. C'est ce que nous chantons souvent : "La Sagesse a dressé une table, elle invite les hommes au festin." Non seulement Dieu nous appelle, non seulement Dieu nous demande de le chercher et d'attendre à sa porte, mais plus encore c'est Lui-même qui nous cherche, c'est Lui qui part à notre poursuite. Et dans un autre passage, d'un livre voisin d'inspiration, le livre de la Sagesse, il est dit : "Celui qui cherche la Sagesse la trouvera sans peine, car elle se laisse facilement trouver par ceux qui la cherchent. Elle prévient, elle vient au-devant de ceux qui la désirent, elle se fait connaître la première, et même celui qui se lève très tôt le matin pour partir à sa recherche n'aura pas de peine car il la trouvera assise à sa porte".
Voici que la Sagesse qui nous recommandait de veiller à la porte de Dieu, c'est elle-même qui vient veiller à notre porte pour que, dès le matin, quand nous ouvrirons, nous la trouvions. Tel est l'amour de Dieu. Il ne se contente pas de nous attendre. C'est Lui-même qui vient à notre recherche. Toute l'histoire du salut n'est-elle pas cette histoire de Dieu qui parcourt l'histoire, qui parcourt le monde, qui parcourt la vie des hommes pour venir à notre recherche. Dès le premier paradis, Dieu disait : "Adam, où es-tu ? " Et Il le cherchait parce que Adam s'était caché, s'était dérobé à son regard par le péché. Et ce cri de Dieu retentit à travers toute l'histoire du salut. "Adam, où es-tu ?" Sans cesse Dieu est à notre recherche, C'est Dieu qui descend pour rencontrer Abraham. C'est Dieu qui est venu chercher Abraham là où il était, dans son propre pays. C'est Dieu qui vient à la rencontre de Moïse dans le Buisson Ardent. C'est Dieu qui vient passer au milieu de son peuple pour le conduire à travers le désert jusque vers la terre promise. C'est Dieu qui est allé chercher David derrière le troupeau pour en faire le berger de son peuple. C'est Dieu qui envoie ses prophètes, comme la Sagesse envoie ses servantes, pour appeler sans cesse les hommes au festin de Dieu. C'est Dieu enfin, qui vient en chair et en os, en Jésus-Christ, Dieu qui vient sur la terre, pour être notre frère, pour nous chercher, pour se tenir à notre porte, et Il ne cesse de le faire chaque jour.
Cette recherche inlassable de Dieu qui vient à notre poursuite devrait être le moteur le plus profond de notre vie. Si nous sommes tellement aimés, si nous sommes recherchés avec tant de passion, comment ne prêterions-nous pas l'oreille à cet appel que Dieu nous adresse. Et voici que cet appel, aujourd'hui encore, nous est renouvelé dans ce passage :" Venez ! Mangez de mon pain ! Buvez du vin que j'ai préparé !" Oui, le Seigneur a préparé ce repas. Il a préparé le pain et le vin qui deviendront son corps et son sang, comme Jésus lui-même, après sa résurrection avait préparé le repas au bord du lac de Tibériade, pour ses disciples qui étaient dans la barque et qui ne trouvaient pas de poisson. Quand ils descendent à terre, ils trouvent le feu déjà allumé et les poissons déjà grillés et le pain déjà préparé. Et le Christ leur dit : "Venez déjeuner !" Oui, le Seigneur nous appelle. Il nous appelle à ce repas de l'eucharistie. Il nous appelle plus profondément, à travers ce repas de l'eucharistie, à ouvrir notre porte pour qu'Il puisse entrer chez nous, pour souper, Lui près de nous et nous près de Lui.
AMEN