ÉVANGILE RASSURANT
1 S 14, 36-45 ; Mc 3, 20-35
(1er février 1990)
Homélie du Frère Michel MORIN
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'il y a des évangiles qui nous heurtent de plein fouet, celui-ci est extrêmement rassurant pour deux raisons.
La première c'est que le Christ vient de vous regarder puisque vous êtes là, assis autour de Lui, comme ses disciples. Et simplement, Il nous redit, à chacun d'entre nous : "Vous êtes ma mère, vous êtes mon frère, vous êtes ma sœur puisque vous accomplissez ma Parole, puisque vous recevez la volonté de Dieu." Alors de cela il faut se réjouir car, dans la foi, il ne faut pas se regarder d'un regard toujours pessimiste. S'il est nécessaire de se reconnaître pécheur, il est nécessaire aussi de se reconnaître saint, de se reconnaître dans l'amitié de Dieu, dans la volonté de Dieu. Et même si cette volonté n'est pas parfaitement achevée, elle est quand même notre propos quotidien. C'est la première raison de notre assurance, de notre sécurité, de notre réconfort, j'allais dire de notre refuge. Car nous disons souvent que la foi ne doit pas être un refuge. C'est vrai dans un certain sens puisque dans la plupart des psaumes nous nous adressons à Dieu comme "notre refuge" parce que nous avons besoin de sécurité, nous avons besoin d'assurance, nous avons besoin d'être là, autour de Lui, parce que nous le reconnaissons comme notre Dieu, et Lui est heureux de nous avoir autour de Lui en ce moment même. C'est la première raison de cet évangile rassurant.
La seconde c'est à propos de cette parole très dure que Jésus dit sur ceux qui refusent l'Esprit qui, dit-Il, "seront condamnés à une peine éternelle". C'est rassurant parce qu'il ne s'agit pas de vous. Il ne s'agira j'espère jamais de vous. On comprend mal ce péché contre l'Esprit, mais je ne pense pas qu'il y ait tellement d'hommes qui l'aient un jour commis. Que veut dire Jésus ?
Vous voyez bien que cette phrase est dans un contexte très précis où des hommes l'accusent d'avoir perdu la tête, d'avoir perdu le sens. Et à ce propos Jésus fait cette déclaration sur Satan, sur Béelzéboul, sur le Prince de ce monde. Et bien cette parole de Jésus : "Quiconque aura blasphémé contre l'Esprit saint n'aura jamais de rémission, il est coupable d'une faute éternelle" vise essentiellement Satan, car c'est cela la faute de l'ange contre la divinité de Dieu. L'ange Satan, le diable, le Malin, le Prince de ce monde est celui qui, en tant que créature spirituelle, a refusé que Dieu soit Esprit au-dessus de lui, Créateur. C'est pour cela que cette parole ne nous désigne pas nous personnellement ou collectivement dans quelque péché que ce soit, mais elle désigne, de façon définitive, et l'Église l'expliquera de façon dogmatique, l'existence du diable, l'existence du Mal. "Celui qui a blasphémé contre l'Esprit" celui qui s'est opposé non seulement à ce que Dieu voulait faire mais à ce que Dieu soit, au fait qu'Il existe. Il a voulu prendre la place de Dieu et devenir le Prince du monde, le prince de la création, le prince du monde invisible, du monde spirituel.
Cette phrase de Jésus est un des points scripturaires fondamentaux quant à l'affirmation du Mal comme un esprit personnel qui s'oppose au Christ, qui s'oppose à Dieu et dont la situation est éternelle. Donc il faut bien saisir cette phrase et la comprendre en son sens juste, pour nous.
Troisième point de sécurité, d'assurance, de confiance : tous les péchés et les blasphèmes que vous pourrez commettre seront tous, tous, pardonnés. Simplement, ne soyez pas complices de cet Esprit du Mal, de façon si forte, de façon si intime, de façon si volontaire et si pensée qu'avec lui vous soyez coupable d'une séparation définitive et totale de Dieu. Car la plupart des blasphèmes et des péchés que nous commettons, Dieu nous les pardonnera selon cette parole de Jésus : "Ils ne savent pas ce qu'ils font !" alors que le diable est ange de lumière. Quand il s'est révolté lui, savait ce qu'il faisait et il le savait dans la perfection de sa connaissance d'esprit, dans le face à face avec Dieu.
AMEN