L’APPEL SANS CESSE RENOUVELÉ

Gn 43, 16+24-31+33-34 ; Mc 3, 13-19

(1er février 2006)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

Q

uand on connaît la suite de l’évangile, on peut lire différemment ce texte en entendant que ce premier appel n’a pas forcément suffi. Pour qu’un homme entende l’appel de Dieu, il faut que cet appel retentisse plusieurs fois dans sa vie. Il y a un premier moment dans lequel le Christ prononce le prénom secret de chacun d’entre nous. L’homme étant un être dispersé, variable, saisonnier, il faut que l’appel prenne les couleurs des différentes saisons pour que cet appel visite toutes les parties qui tendent à vivre de façon autonome d’avec les autres, dans chacune de nos vies. Le prénom est ce qui va tenter de viser l’unité de la personne. Mais nous savons dès maintenant qu’il faudra à chacun des apôtres plus que ce temps de l’évangile pour en entendre la profondeur, la pertinence, pour qu’il touche à l’articulation profonde qu’il y a justement entre l’homme nouveau et l’homme ancien, pour que cet homme ancien cesse de se démener et de résister à Dieu.

L’appel n’est pas qu’un nom prononcé. Le deuxième temps de cet appel, ce serait la reconnaissance : l’homme a entendu son nom et il s’est reconnu dans le nom prononcé par Dieu. On verra cela tout à la fin de l’évangile lorsque le Christ appelle Marie et se désigne comme le ressuscité face à Marie. Il y a une double reconnaissance entre Marie et le ressuscité. La vocation, ce n’est pas seulement de dire « oui », mais dans ce "oui" que l’on dit et que l’on prononce, on reconnaît son Dieu, ce Dieu qu’on attendait, ce Seigneur et Maître prononcé par Thomas Tout l’être de l’homme passera toute sa vie à reconnaître dans celui qui l’a appelé, celui qu’il attendait et qu’il désirait profondément. Mais l’accord qu’il y a entre l’appel et son propre désir, ne peut pas se faire en un seul moment. Il a besoin de toute une vie pour que notre cœur, notre corps, notre vie, s’harmonisent à ce premier appel. Ainsi les raisons pour lesquelles nous avons commencé à suivre le Christ, et tenté de mettre nos pas dans les siens, ne sont pas celles qui nous ferons marcher à ses côtés à tout instant, et il y a fort à parier que nous aurons encore à modifier notre marche pour nous adapter à la vie de Dieu pour que notre volonté soit la sienne

 

 

AMEN