LE CHRIST, ÉPOUX DE L'HUMANITÉ

Gn 4, 1-8 ; Mc 2, 18-28

(27 janvier 2010)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, il y a dix jours, nous célébrions le troisième mystère de l'Épiphanie. Après l'adoration des mages et le baptême de Jésus au Jourdain, ce troisième mystère qui est le premier miracle de Jésus lorsqu'aux noces de Cana il transforme l'eau en vin. Nous disions alors que le sens profond de ce mystère c'est que l'époux de la noce n'ayant pas prévu suffisamment de vin pour tous ses convives, Jésus se substitue à lui et il prend cette noce en main, et lui permet de se terminer dans la joie.

C'est le premier miracle de Jésus. Il a voulu le faire au cours d'une noce pour qu'il puisse ainsi manifester à ses disciples sa gloire, la gloire qui est la sienne, d'être l'Époux véritable de l'humanité, l'Époux de l'Église qui est l'humanité sauvée.

Il est intéressant de voir qu'aujourd'hui nous lisons un petit passage peu connu de l'évangile de saint Marc où Jésus lui-même, clairement, se proclame l'Époux : "Les disciples de Jean et les pharisiens viennent interroger Jésus : pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas alors que les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnent ? Et Jésus répond : les compagnons de l'Époux peuvent-ils jeûner tant que l'Époux est avec eux ?" Cette réponse change le sens profond du jeûne, comme le sens du sabbat dans l'épisode qui suit, quand les disciples de Jésus un jour de sabbat prennent des épis de blé pour les manger, ce qui est contraire à la loi du sabbat.

Jésus veut manifester que ces disciplines, ces observances ne sont pas d'abord une ascèse ou une obligation légale, mais que le jeûne, comme le sabbat n'ont de sens que par rapport au mystère du salut. Le sabbat est fait pour l'homme et non pas l'homme pour le sabbat et ne jeûne pas pour faire pénitence, on jeûne quand l'Époux est absent c'est-à-dire, comme le dit Jésus, quand l'Époux leur sera enlevé au moment de sa Passion et de sa mort, à ce moment-là, les disciples jeûneront parce que l'Époux leur manquera.

Il faut donc que nous revisitions complètement notre vie pour qu'elle ne soit pas simplement l'observance, une règle morale ou une règle disciplinaire, mais que notre vie soit véritablement commandée par l'amour de l'Époux. Jésus en venant sur terre a épousé l'humanité tout entière, il a épousé chacun de nous, il est celui qui nous apporte la joie, l'amour, la plénitude. C'est donc en fonction de Jésus nous devons régler notre vie, et si nous avons à jeûner, c'est parce que Jésus est absent, que nous ne le voyons pas et que nous avons faim et soif de lui.

Frères et sœurs, que notre vie chrétienne soit une vie d'amour pour Dieu, entièrement centrée sur le mystère de la rencontre avec lui et non pas une vie simplement dictée par les obligations morales.

 

AMEN