L'APPEL DES DISCIPLES
1 S 18, 6-16 ; Mt 4, 18-25
Mercredi de la deuxième semaine de l'Épiphanie – B
(16 janvier 1991)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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ous sommes dans le temps de la manifestation du Seigneur Jésus et ce passage de l'évangile se situe au cœur même de la manifestation du Christ qui s'adresse à quelques hommes dans la personne des apôtres et à un ensemble élargi, plus grand que le territoire de Judée, qui s'étend en Galilée, toute la Syrie et la Transjordane.
La façon dont le Christ se manifeste est très particulière. Elle ne ressemble pas à celle qu'on attendait. Le premier élément est le choix qu'il fait de quatre hommes pour le suivre. Il les prend dans la quotidienneté de leur vie et Il leur demande de le suivre. Certes on connaissait déjà des maîtres ou des rabbins qui avaient à leurs côtés des disciples qui formaient une école. C'était une façon de transmettre un enseignement, un savoir sur la religion. Mais ici il y a quelque chose de particulier. Jésus ne prend pas d'abord des érudits, mais il élargit sa manifestation au-delà de ces quatre hommes et à travers eux à un ensemble plus grand de personnes. Il n'y a pas de restriction à ce que les gens connaissent Dieu, ce qui est une caractéristique de la manifestation du Christ qui est divine. Il n'y a pas d'exclusion dans la connaissance que nous pouvons avoir du Sauveur qui vient. Le fait de choisir quatre hommes n'élimine pas le reste de la population. Et la suite de l'évangile nous montre Jésus-Christ annonçant le Royaume de Dieu à tous.
Or cette annonce du Royaume de Dieu se situe tout de suite après le baptême du Christ au Jourdain et sa tentation par le diable. Et nous pouvons faire un parallèle entre le choix des quatre apôtres et l'annonce à tout le peuple, en ce sens que Jésus tente les hommes comme Il fut tenté par le diable. Il tente ces quatre hommes dans la quotidienneté de leur vie : "Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes !" alors qu'ils sont simplement des pêcheurs de poisson. Donc Il les accule à répondre effectivement à cette proposition. Bien sûr la tentation n'est pas du côté du mal, mais c'est malgré tout, un fait qui est posé devant les hommes et auquel ils ont à répondre. Un autre parallèle entre l'annonce du Royaume de Dieu et la terre promise. Le Christ vient de passer le Jourdain et Il entre dans cette nouvelle terre promise, dans cette Galilée des nations qui est le symbole de l'universalité et qui ainsi devient le lieu d'élection propre à l'annonce du Royaume de Dieu.
Je crois que ces passages sont très parlants. Nous sommes certes baptisés ce qui veut dire que nous sommes devenus "terre féconde", nous sommes, après le passage du Christ dans sa mort et sa résurrection dans sa Pâque, nous sommes devenus la terre promise, la terre d'élection, peut-être la Galilée des nations, une terre bénie du Seigneur pour qu'Il vienne y annoncer son Royaume. Nous sommes le lieu même de la révélation de la manifestation de Dieu. Désormais, c'est par nous que passe l'annonce du Royaume. Et nous sommes une terre riche, riche tout simplement de nos infirmités, de nos faiblesses. Et cette fois-ci les richesses du peuple, ce sont ses maladies, ce sont ces guérisons qu'il demande. Ce ne sont plus des trésors, mais ce que le Seigneur recherchait : la guérison du malade et la guérison du pécheur. Donc, nous sommes à la fois, la terre qui accueille la Parole de Dieu nous sommes les Mages sur cette terre, nous apportons nos trésors c'est-à-dire notre faiblesse, notre petitesse et notre humilité pour que le Royaume de Dieu s'inaugure effectivement en nous et parmi tous les peuples.
AMEN