VOUS VERREZ LE CIEL OUVERT
1 Jn 4, 17-21 ; Mc 1, 21-28
Mardi de la deuxième semaine de l'Épiphanie – B
(12 janvier 1982)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Le ciel s'ouvrira
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ous verrez le ciel ouvert et les anges monter et descendre avec le Fils de l'Homme." Ce qui est extraordinaire dans ce texte, c'est qu'il est comme une sorte d'ouverture du mystère du baptême du Christ. En effet, ce que nous avons fêté, il y a deux jours, c'est le fait que le Christ au moment même où Il remonte des puissances de la mort, symbolisées par l'eau du Jourdain, au moment même où Il s'avance, dans une sorte de procession triomphale vers la terre promise, à ce moment-là les cieux s'ouvrent. Ainsi commence la Pâque de Notre Seigneur Jésus-Christ qui va de la mort vers la vie. Et les cieux s'ouvrent pour que le Fils de l'Homme puisse inaugurer, par sa vie publique par sa prédication, par les miracles qu'Il fait, par sa mort et par sa résurrection, qu'Il puisse inaugurer ce chemin nouveau que l'homme ne connaissait pas, parce qu'il en avait perdu même la trace, le chemin nouveau qui est le chemin du passage de la mort à la vie, de ce monde vers le Père.
Or, ce qui est extraordinaire, c'est que, précisément, au moment où le Seigneur appelle ses disciples, Il leur promet, à leur tour, de voir aussi le ciel s'ouvrir pour eux. Immédiatement après le baptême du Christ, le Seigneur assure à ses disciples qu'ils suivront le même chemin, qu'eux aussi passeront par l'épreuve de la mort, qu'ils quitteront la tranquillité du figuier, qu'ils quitteront cette paix des rivages de Galilée, qu'ils quitteront ce train-train de la vie quotidienne, de leur vie de pécheur et que, petit à petit, ils verront le ciel s'ouvrir. Cela non pas comme un spectacle gratuit, mais pour y entrer.
Voilà donc, ce que c'est la condition d'apôtre. C'est d'accepter de suivre Jésus, pas à pas, mais dans un but précis : voir le ciel s'ouvrir. Non pas que nous essayions de créer une sorte de pseudo-ciel ou de paradis artificiel sur la terre, mais d'abord pour que nous laissions, à l'intérieur de notre cœur, se déchirer ce voile qui nous empêche encore de contempler le ciel, se déchirer en nous, cette fragilité qui, petit à petit, va nous permettre de contempler le mystère même de l'amour de Dieu. Et alors, à ce moment-là, les cieux s'ouvriront, la tendresse de Dieu s'ouvrira et se manifestera pour nous. Elle se manifestera comme un appel, comme cette source d'eau murmurante qui dit simplement : "Viens vers le Père !" Etre disciple, c'est avoir laissé retentir en nous cet appel merveilleux du Père, et à ce moment-là d'accepter de gravir toutes ces montagnes, que ce soit celle des Béatitudes, que ce soit celle du Golgotha, que ce soit ultimement, l'échelle de Jacob en compagnie des anges, pour franchir ce grand précipice de la mort, de notre mort humaine et, à la suite du Christ, de monter dans l'infini de l'amour de Dieu, de le franchir avec les anges, de le franchir avec tous nos frères, de le franchir dans cette mouvance de l'amour infini de Dieu qui nous appelle aujourd'hui, comme Il a appelé Philippe, comme Il a appelé André, comme Il a appelé Pierre et comme Il a appelé Nathanaël.
AMEN