LE BAPTÊME

1 Jn 4, 7-14 ; Jn 3, 1-12

Jeudi de la première semaine de l'Épiphanie – A

(6 janvier 2011)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Sylvanès : fontaine baptismale

 

T

andis que s'approche le deuxième volet de l'Épiphanie que nous célébrerons dimanche prochain, qui est le Baptême du Christ dans les eaux du Jourdain par Jean-Baptiste, la liturgie nous invite à réfléchir sur le baptême. C'est le thème de l'évangile d'aujourd'hui.

Nicodème est donc venu voir le Christ de nuit pas crainte des juifs, et il l'interroge sur le salut. Jésus lui dit qu'il faut "naître d'en-haut". Le mot grec veut dire aussi bien naître d'en-haut que naître à nouveau. Il s'agit donc d'un renouvellement de toute notre vie qui est comme une nouvelle naissance. Nicodème prend cela au pied de la lettre et ne comprend pas comment on peut rentrer dans le sein de sa mère pour naître une deuxième fois. Mais Jésus parlait symboliquement : renaître, c'est reprendre la vie à son point de départ, à son jaillissement originel au moment où la vie jaillit du cœur de Dieu.

C'est cela le baptême. Il faut naître à nouveau, naître d'en-haut, naître du cœur de Dieu. Et Jésus va préciser : il faut naître d'eau et d'Esprit. D'eau, comme l'inaugurait Jean-Baptiste, quand il a invité à un baptême d'eau le peuple pour le préparer à la venue du Messie, et Jésus s'inscrit dans la droite ligne de l'invention de Jean-Baptiste. Il va comme Jean-Baptiste, plonger ses disciples dans l'eau qui est la vie.

Mais en même temps, le baptême de Jésus dépasse celui de Jean. Ce n'est pas simplement un baptême de purification, comme Jean l'avait prêché dans son baptême d'eau, c'est aussi un baptême d'Esprit. L'Esprit, la troisième personne de la Trinité, L'Esprit, Dieu qui vient en nous pour nous vivifier, pour nous transformer, nous renouveler, pour nous faire naître de nouveau, nous faire naître du cœur de Dieu et de cet Esprit.

Et l'Esprit, c'est aussi un symbole de vie, parce que ce mot en hébreu ou en grec, ou en latin, signifie le vent. Le vent qui souffle comme dit Jésus, "sans que tu saches ni d'où il vient, ni où il va". Ainsi en est-il de l'Esprit de Dieu qui souffle sur nous et qui nous emporte à la vitesse du vent, qui nous transforme en des êtres spirituels, car nous aussi, nous ne savons pas où nous allons, comme le vent dont on ne sait d'où il vient ni où il va.

Tout le mystère du baptême, ce renouvellement qui nous transforme, comme une nouvelle naissance et qui nous rend capables d'aller où nous n'aurions pas pensé de nous laisser entraîner par ce souffle de Dieu, aux limites du monde, aux limites du mystère, aux limites de la joie éternelle. Que nous vivions la grâce de notre baptême comme tout à la fois un renouvellement, une naissance nouvelle, comme un don qui vient d'en-haut, qui vient du cœur du Père, comme un vent de l'Esprit qui nous emporte là où nous n'aurions jamais pensé pouvoir aller.

 

AMEN