LE TÉMOIGNAGE DU FILS
1 R 17, 17-24 ; Jn 3, 31-36
Jeudi de la première semaine de l'Épiphanie – C
(11 janvier 2007)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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n écoutant le récit de la résurrection du fils de la veuve de Sarepta, il s'agit de ce que l'on appelle non pas la résurrection telle qu'on va l'appliquer à Jésus, mais c'est plutôt une reviviscence, ce fils vivant à nouveau et qui un jour connaîtra la mort.
Tandis que dans le témoignage de Jean, il s'agit bien de la vie éternelle, c'est-à-dire celle qui ne finit plus, celle qui ouvre la résurrection parfaite complète et éternelle. Cela est important parce que cela induit finalement une réalité dont nous n'avons pas toujours conscience. Lorsque l'on dit que le chrétien est passé de la mort à la vie avec le Christ, comme le dit saint Paul, par le symbole de l'eau du baptême, il s'agit bien de passer de la mort à la vie, mais à la vie éternelle, la résurrection.
Le principe de sanctification que l'homme reçoit tout particulièrement dans les sacrements existe déjà dans l'éternel présent de Dieu et qui est la résurrection du Fils. Nous envisageons les sacrements comme une sorte d'aide pour aller jusqu'à la fin de la vie et passer ensuite de cette mort des hommes à la résurrection. Il faudrait avoir conscience que ce n'est pas tant nous qui faisons ce chemin jusqu'à notre mort pour aller un jour ressusciter avec Jésus auprès de Dieu, mais c'est le "déjà" de la résurrection et de cette résurrection pleine, parfaite, complète qui s'inscrit dans notre vie. C'est ce qui est capable de sanctifier notre vie sous le régime tel que le décrit l'auteur de l'épître aux Hébreux, de ce grand-prêtre obligé le sang pour ses propres péchés, et ceux du peuple, et l'amener à Dieu, tandis que Jésus est entré uns fois pour toutes dans le sanctuaire en donnant son propre sang et l'offrande ce son sang, ce sacrifice célébré à la messe, celui de la Pâque, c'est-à-dire du passage de cette mort à la vie. Jésus est éternellement vivant. Il est éternellement, celui qui est ressuscité.
C'est pour cela que Jean témoigne ensuite qu'il faut recevoir le témoignage du Fils pour avoir cette vie éternelle. Qu'est-ce que c'est que ce témoignage ? Souvent pour nous, le témoin, c'est éventuellement celui qui vient dire quelque chose sur ce qui s'est passé. Si on vous demande d'être témoin de telle ou telle réalité, vous direz, oui, je l'ai vu, j'ai entendu dire que … etc… Et souvent, dans ces cas-là, nous avons peur d'être pris par trop de personnes et de démarches administratives s'il s'agit d'un accident, nous, nous témoignons du bout des lèvres. Or, il faut se rappeler que le mot "témoignage" est celui qui a donné le mot "martyr", c'est-à-dire témoin jusqu'à donner sa vie. Là, nous comprenons peut-être mieux lorsque Jean dit "qui reçoit le témoignage du Fils", ce n'est pas seulement une petite parole où le Fils dirait, oui, oui, le père m'aime, nous sommes deux, même trois, il faudrait que vous croyiez à la Trinité, faites un petit effort. Ce n'est pas cela du tout, Jésus dans l'offrande de sa vie, Jésus témoigne, c'est-à-dire qu'il est totalement impliqué dans le dire de sa parole, il est totalement donné dans l'action qui va se dérouler, et c'est pour cela que l'on peut dire effectivement que nous sommes recréés par la parole de Dieu, qui fait ces sacrements qui nous donnent la résurrection et la vie, et qui nos permettent de vivre, donc du "déjà là" de la vie de Dieu. Pourquoi ? parce que dans cette réception des sacrements, ce n'est pas nous qui nous impliquons pour faire un effort et nous dire : ah oui, Jésus est là, je vais le recevoir, il faut que j'y pense très fort, mais c'est parce que Jésus le premier qui s'implique totalement dans l'acte qu'il fait qui le rend présent, et il est le véritable témoin que le ciel et la terre comme nous l'avons chanté à Noël sont vraiment unis.
AMEN