L'ACCOMPLISSEMENT DE L'ATTENTE DU SALUT
1 Jn 2, 18 . 22-28 ; Lc 2, 25-32
6ème jour dans l'octave de Noël (30 décembre 2008)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
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rères et sœurs, la liturgie n'est pas un curriculum vitae chronologique des événements de la vie de Jésus, c'est une méditation sur la signification de ces événements. C'est pourquoi aujourd'hui nous célébrons la rencontre de Jésus avec Siméon qui a eu lieu quarante jours après sa naissance, alors que nous avons déjà célébré le massacre des sains Innocents et la fuite en Égypte qui ont lieu deux ans après la naissance de Jésus, et nous avons même célébré la présence de Jésus au Temple parmi les docteurs, alors qu'il avait douze ans.
Cette fête de la rencontre de Jésus avec Siméon fait partie de l'événement appelé la présentation de Jésus au temple et qui sera célébrée solennellement le deux février à la clôture de ce temps de Noël et de l'Épiphanie. C'est donc sous le signe de la manifestation de Jésus que nous devons lire ce passage de l'évangile. Jésus qui se manifeste aux pauvres, aux justes, dont Siméon est le représentant. Il était juste et pieux et il attendait la consolation d'Israël. C'est là le mot décisif : il attendait. Toute la spiritualité de l'Ancien Testament culmine dans cette attente, cette orientation du cœur, de la vie, de tous les événements vers un accomplissement qui se réalise par la naissance à Bethléem du Fils de Dieu devenu homme. C'est tout ce qu'ont attendu Abraham, Moïse, les prophètes, tout cela se rassemble dans le cœur de quelques hommes pieux et justes comme Siméon qui sont tendus vers cette venue de Dieu dans le monde.
C'est l'Esprit Saint qui habite dans le cœur de Siméon qui avive dans ce cœur cette attente. L'Esprit Saint reposait sur lui et il avait été divinement averti qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. Siméon sait que par un privilège qui lui est accordé, il ne sera pas englouti dans la mort avant d'avoir vu de ses yeux le Christ du Seigneur, l'attente d'Israël, la promesse de Dieu. Poussé par l'Esprit Saint qui est partout dans cet épisode de la vie de Siméon, il vient dans le temple et là il rencontre Marie et Joseph qui portent l'Enfant pour le présenter à Dieu selon la Loi de Moïse, et aussitôt, Siméon illuminé par l'Esprit reconnaît en cet Enfant ce qu'il a attendu. Il prononce ce cantique magnifique que nous chantons chaque soir avant de nous endormir : "Maintenant, Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole". Oui, chaque journée est comme la vie de Siméon. C'est une tension de tout notre être vers la rencontre de Dieu et chaque soir, nous pouvons dire au Seigneur que nous pouvons nous endormir dans sa paix puisque nous avons vu le Christ.
Siméon prophétise devant cet Enfant qu'il sera non seulement la lumière d'Israël, mais la lumière des nations, non seulement le salut sur peuple choisi, mais le salut de tous les peuples. Il est beau que cet accomplissement de l'attente de l'Ancien Testament dans la venue du Christ débouche sur cette universalité du salut. C'était la vocation d'Israël d'annoncer le salut à tous les peuples, c'est ce que Siméon prend à son compte et qu'il proclame de ce petit Enfant qui est Dieu venu appeler tous les hommes au salut.
Que cette méditation sur la rencontre de Dieu avec les hommes, l'attente des hommes de cette venue de Dieu de la lumière qui illumine le monde entier qu'elle remplisse notre cœur et nous aide à vivre profondément cette fête et ce temps de Noël.
AMEN