NOEL À LA LUMIÈRE PASCALE
1 Jn 2, 3-11. 15-17 ; Mt 2, 19-23
6ème jour dans l'octave de Noël (30 décembre 2001)
Homélie du Frère Yves HABERT
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e n'est pas parce que nous sommes à Noël que nous sommes tout blottis contre l'Enfant-Jésus, dans la crèche, que nous ne devons pas penser à la résurrection. Cette résurrection, immense lumière qui a jailli du fond d'un tombeau. Cette résurrection qui illumine même cette fête de Noël, qui illumine toutes nos humbles fêtes. Je faisais de la théologie avec des jeunes de sixième du collège Mignet, et à deux, trois jours de Noël, la leçon portait sur la résurrection de Jésus. Il fallait expliquer que Pâques était la plus grande fête, mais que Noël, selon toutes les apparences, parce qu'il y avait des cadeaux, parce qu'il y avait plein de choses, était à leur cœur, plus grande encore. Et nous sommes arrivés à la conclusion suivante, si Noël c'est Dieu qui veut partager notre vie, Pâques, c'est Dieu qui veut nous partager sa Vie, mais des deux côtés, c'est Dieu qui est l'acteur premier.
L'autre jour, devant la crèche, une personne vient me trouver et me dit : j'ai une question stupide, mais il n'y a pas de question stupide, pourquoi la Vierge a-t-elle un manteau rouge ? Je lui ai répondu qu'il y avait aussi un manteau rouge près de la croix, et que cette crèche, on en pouvait la lire que dans la lumière de Pâques. Il est très étonnant que notre crèche se situe toujours à la lumière de Pâques. Regardez bien au-dessus de la crèche, il y a Jésus qui apparaît à Marie-Madeleine.
Troisième chose, ce qui m'étonne encore plus, c'est que les personnages que nous avons fêté ces derniers jours nous situent aussi radicalement dans la lumière de la Résurrection. Saint Etienne, saint Jean, les Innocents... Ils ont placés dans cette lumière de Pâques. Peut-être pour aider à comprendre cette nouveauté, cette charnière que fait Noël, je crois que la crèche est déjà illuminée de cette lumière de Pâques. Pour faire saisir cet enjeu, il y a des correspondances à faire. Dans l'Avent, pendant ce long temps du désir, de l'attente, on a fêté successivement les patriarches, Jean-Baptiste, Marie. Et là, saint Etienne, saint Jean, les Innocents. Personnellement, mais cela ne tient qu'à moi, et vous pouvez faire d'autres correspondances, je relierais volontiers, saint Jean-Baptiste et saint Etienne. Saint Jean-Baptiste, l'homme du désert, l'homme solitaire, qui a tout donné, l'homme qui annonce, qui n'est plus qu'une voix, l'homme qui annonce le Verbe, et saint Etienne avec son long discours dans les actes des apôtres, saint Etienne, cet homme solitaire, qui mourra sous les pierres, cet homme qui est à l'aurore et qui annonce l'Église. Je relierais les patriarches, aujourd'hui on fête saint David, je les relierais à saint Jean. Les patriarches à travers leur vie et leur parole, font en quelque sorte balbutier la première lettre du nom de Dieu, Abba, Père. Ils balbutient cette première lettre et saint Jean lui, dira : au commencement était le Verbe, celui qui est capable d'articuler le nom de Abba : Père, Dieu. Et je relierais enfin Marie aux innocents. C'est le mystère de la souffrance de l'Innocent. A la croix, Marie c'est le mystère de la souffrance de l'Innocent. C'est le mystère de la grâce gratuite, c'est le mystère de cette vie qui nous saisit et aussi quelquefois à travers la souffrance, peu importe ce que l'on a fait.
Mais tous sont orientés vers le retour du Seigneur, aussi bien ceux de l'Ancienne que de la Nouvelle Alliance, ils se tiennent pas la main et avancent vers le retour en gloire.
AMEN