NOUVEAU LIEU DE RENCONTRE

1 Jn 2, 3-11 . 15-17 ; Lc 2, 25-32
5ème jour dans l'octave de Noël (29 décembre 2010)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Présentation au temple

 

F

rères et sœurs, au moment où Siméon rentre dans le temple, il est clair que les lieux et les moyens de salut sont parfaitement identifiés : l'appartenance à un peuple, Israël, à travers lequel Dieu construit son histoire et l'accomplissement du monde. Et non seulement un peuple mais aussi un lieu en particulier, ce temple de Jérusalem qui a été érigé par Israël et dans lequel Dieu est venu habiter.

Avec l'événement que nous venons de célébrer il y a quelques jours, Noël, et avec l'entrée du Fils de Dieu dans le temple, c'est le moyen normal de rencontre avec Dieu qui change. L'entrée de Jésus dans le temple bouleverse absolument tout. Autrement dit, le lieu de la rencontre n'est plus avant tout, l'appartenance à un peuple, parce qu'il y en a qui appartiennent à ce peuple et d'autres non. Le lieu de rencontre n'est plus simplement un temple, si je ne vais pas dans ce temple, je ne peux pas rencontrer Dieu même si je peux fréquenter une synagogue en Égypte ou à Babylone, ou encore en Syrie, le lieu d'excellence reste le temple de Jérusalem.

Non, le bouleversement est la raison pour laquelle, d'ailleurs Siméon dit qu'il peut partir en paix, cela ne veut pas dire que maintenant, il peut mourir tranquillement que tout est fait. Non, ce n'est pas cela, mais que la paix, qui en fait veut dire la plénitude, c'est qu'à partir de ce moment-là le moyen le plus simple pour rencontrer Dieu c'est le corps que nous avons reçu à notre naissance. Point final. Et l'universalisme, c'est cela. Ce n'est pas d'abord de réfléchir en termes de quantitatif, disant que tout le monde devrait être chrétien, même avec la baïonnette dans les reins. Mais à partir du moment où il y a une rencontre entre deux personnes, et ici, c'est Siméon et Jésus, et c'est le cas pour chacun d'entre nous avec Dieu, mais c'est le cas aussi pour chacun d'entre nous ensemble, à partir du moment où il y a une véritable rencontre entre deux personnes, Dieu non seulement est présent, mais le salut de Dieu est en construction.

Plus besoin d'aller à Jérusalem, quand les cappadociens s'énervaient un peu de temps en temps en disant aux chrétiens qu'ils n'avaient pas besoin de parcourir la moitié de la Méditerranée pour venir faire leurs dévotions à Jérusalem, ils n'avaient qu'à rester où ils étaient. Plus besoin d'appartenir "génétiquement" ou "ethniquement" à un peuple, n'importe qui de n'importe quel peuple, peut n'importe où et n'importe quand rencontrer Dieu.

Frères et sœurs, c'est cela le mystère de Noël, c'est cela l'universalisme que Siméon a rencontré quand il s'est retrouvé face au Fils de Dieu. Que ce temps de Noël soit pour nous l'occasion de méditer sur notre manière de rencontrer Dieu, de découvrir et de remercier Dieu du fait que simplement, par notre corps et par notre personnalité, il nous est donné de rencontrer celui qui jusque-là était inaccessible : Dieu.

 

AMEN