REVENIR DE L’ÉGYPTE
1 Jn 2, 3-11 . 15-17 ; Mt 2, 19-23
1 Jn 2, 3-11 ; Lc 2, 25-32
5ème jour dans l'octave de Noël (29 décembre 2005)
Homélie du Frère Bernard MAITTE
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ans le cycle de Noël, nous pouvons nous demander ce que peut signifier ce court passage du retour d’Égypte. En première lecture, nous pourrions penser qu’il s’agit pour l’évangéliste Matthieu de justifier cet oracle pour le Messie : "Il sera appelé Nazaréen". Il aurait donc mis en œuvre une structure littéraire pour permettre d’amener son oracle. Autant, et nous l’avons souvent vu en peinture, la fuite en Égypte est représentée, et c’est d’ailleurs un épisode qui a été lu : pour éviter que l’enfant Jésus soit massacré avec les innocents, beaucoup de tableaux, en passant par Fra Angelico, comme d’autres peintres, ont aimé montrer la fuite en Égypte.
Or, il me semble que ce qui est le plus important, c’est le retour d’Égypte, plus que la fuite. Car si on en reste simplement à la fuite, il faudrait penser que le Messie survive pour ne pas être massacré avec les enfants de Bethléem. Mais le retour exprime en fait, une réalité très importante de l’action de Dieu et du peuple de Dieu ? Puisque ce retour d’Égypte manifeste en premier lieu le grand épisode de l’Exode, par lequel Dieu fait sortir le peuple d’Égypte, lui fait traverser la Mer Rouge à pied sec, pendant quarante ans, ce peuple erre dans le désert avec comme but, d’entrer dans la Terre Promise, dans la terre de ses pères, terre où coulent le lait et le miel.
Il fallait donc que le Christ récapitule dans sa propre vie toute l’histoire d’Israël, refasse pour Israël cet Exode, que Dieu avait déjà marqué de son sceau, comme étant le Dieu qui accompagne son peuple, le Christ, en subissant lui-même cet Exode dans sa petite enfance, marque qu’il est réellement présent au cœur même de ce qui a été pour le peuple de Dieu, l’acte de son origine et de sa création. Car c’est dans l’Exode que le peuple de Dieu s’est compris comme peuple du Seigneur et conduit par lui. Cet épisode est situé avec une note très importante chez Matthieu, c’est que le Christ ne va pas à Jérusalem, mais il va en Galilée. La Galilée est aussi en terre d’Israël, mais elle est une terre à l’extérieur du giron officiel religieux. Cela nous prépare à ce fabuleux oracle : "Galilée des nations, une lumière s’est levée sur les gens qui marchaient dans les ténèbres". Autrement dit, par ce retour d’Égypte, Jésus marque la véritable vocation d’Israël, qui n’est pas d’être un peuple à part des autres peuples, mais un peuple choisi pour être signe pour toutes les nations appelées à sortir des ténèbres, et à entrer dans la lumière, comme Israël a appris à sortir des ténèbres de l’Égypte, pour être conduit par la lumière de Dieu, la nuée lumineuse.
Cet Exode, ce retour ne marque en somme que ce qui s’est passé depuis le début : "Adam, où es-tu ?" Quand Adam part et fuit, Dieu soit le ramener en Terre Promise qui est le paradis, et c’est une parabole de toute notre vie. Nous fuyons, nous partons, nous sommes en exil, souvent si ce n’est de nous, en tout cas de Dieu. Nous avons à revenir vers lui, lui qui nous fait rentrer dans sa lumière et dans sa communion, lui qui est le royaume, le paradis, notre Terre Promise.
AMEN