LA NOUVELLE ALLIANCE
Jr 31, 31-34
(18 mars 1981)
Homélie de Jean BOLOMEY
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I |
l n'a pas eu de chance, ce Jérémie, dont nous avons lu un extrait en première lecture. Voilà un homme qui avait un cœur prêt pour l'amitié, la paix et la tendresse et durant toute sa vie, il n'a connu que la vraie guerre, la division, la haine Lui qui aimait tant son pays, il a fini par mourir en exil. Toute sa vie, il a été obligé, selon la vocation reçue de Dieu de renverser et de détruire.
Et cependant, dans son livre, perce l'identité, le caractère et le fond de son cœur, et nous le lisons particulièrement dans ces chapitres trente et trente et un qu'on appelle le livre de la consolation d'Israël. Et ces passages en constituent comme la fine pointe. Le Seigneur annonce une alliance nouvelle qui aura trois caractères bien particuliers, car Dieu ne peut, se résoudre aux malheurs de son peuple et il faut qu'Il prenne l'initiative de refaire cette alliance.
Le premier caractère, c'est que Dieu pardonne sans attendre une expiation qui est impossible à l'homme. Nous ne pouvons pas mériter notre pardon. Nous ne pouvons pas devant Dieu, gagner notre pardon, nous pardonner à nous-mêmes. Et c'est donc devant cet amoncellement d'iniquités que Dieu prend cette initiative de pardonner, de remettre la dette.
Le second caractère de cette alliance, par opposition à la première, c'est que la Loi sera inscrite à l'intérieur de notre être, au fond de notre être, non pas d'une manière extérieure, sur les tables de la Loi. C'est de nous-mêmes, dans notre relation intime avec Dieu que nous allons comprendre ce qu'il faut faire pour lui obéir et lui être agréable.
Et le troisième caractère de cette alliance nouvelle, c'est que Dieu sera présent d'une manière continue parmi nous pour assurer à ses fidèles la postérité et la paix.
Cette alliance, nous la voyons se réaliser d'une manière absolue dans la personne de Jésus. Pour nous dire que l'alliance de Dieu prend chair dans la personne de Jésus.
Dans la parabole d'aujourd'hui, on nous montre Dieu comme le maître qui distribue ses dons à satiété, aux derniers aussi bien qu'aux premiers de telle sorte que nous ne pouvons plus nous juger les uns les autres parce que nous sommes tous aimés de la même façon, du même amour.
Dans cette parabole aussi, nous sommes invités à une justice qui n'est plus distributive, à chacun selon son travail, à chacun selon ses mérites. Mais une justice établie bâtie sur le modèle de l'amour infini de Dieu. De sorte que notre justice est appelée à se confondre avec l'amour de Dieu.
Ne savons-nous pas enfin, que Jésus a mérité le pardon de nos fautes, a mérité la remise de notre dette, a mérité notre rachat, parce qu'Il a pris sur Lui le péché du monde ? notre propre péché, de telle sorte que, si nous sommes invités à nous convertir, ce n'est plus pour mériter notre salut, parce que notre salut a été mérité par le Christ, mais c'est pour entrer dans cette imitation de l'amour, car, vous le savez bien l'amour appelle l'amour.
Aujourd'hui encore, nous célébrons le Christ qui est le sacrement de l'Alliance nouvelle et éternelle où Dieu serait présent parmi nous de telle sorte que sa Loi devienne chaque jour davantage plus intime à notre cœur. Et n'est-ce pas dans l'eucharistie où nous touchons la plus grande libéralité de Dieu puisque nous sommes comblés par Dieu lui-même. C'est dans cet esprit que nous allons vivre cette eucharistie aujourd'hui. Nous ne désirerons plus rien d'autre que de recevoir le Christ Jésus, car pour nous, pour notre cœur, pour notre vie, Il est tout.
AMEN