L'AMOUR RETROUVÉ
Os 2, 4-7-9+16-17+21-22
(13 mars 1992)
Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL
|
L |
es deux textes que nous venons d'entendre nous invitent à nous approcher de Dieu, de Jésus, avec amour et avec une immense confiance dans son amour à Lui. La femme d'Osée l'avait trompé, elle s'était prostituée et Osée a découvert dans son cœur qu'il l'aimait assez pour non seulement pardonner mais reprendre avec elle la vie d'amour conjugal comme au temps de leur jeunesse. Et il a découvert que ce qu'il avait découvert dans son cœur, Dieu l'éprouvait à l'égard d'Israël, à l'égard de l'humanité pécheresse, un Dieu toujours prêt à pardonner, un Dieu toujours prêt à envelopper dans un amour plus grand celui ou celle qui ne cesse de se détourner de cet amour.
Et la pécheresse qui savait ce qu'était le péché, entendant venir Jésus, s'est précipitée à ses pieds pour supplier que cet amour qu'elle pressentait dans le cœur de Jésus se répandait sur elle.
Le pécheur ne vient pas d'abord pour se mettre en règle, il ne vient pas d'abord pour retrouver le courage de se regarder ne face, il ne vient pas d'abord pour pouvoir avoir de lui-même une bonne opinion. Il vient comme aimanté, attiré, aspiré par l'amour de Dieu. C'est l'amour qui rayonne de la personne de Jésus qui attire cette femme pécheresse. C'est l'amour du cœur de Dieu qui se réfracte dans le cœur d'Osée et qui attire son épouse pour que, délaissant ses amants d'un instant, elle retrouve la paix, la joie, la tendresse comme au jour des fiançailles. "Je te fiancerai à Moi pour toujours. Je te fiancerai de nouveau dans la justice, dans le droit, dans la tendresse, dans la miséricorde et dans la fidélité." Oui, le Seigneur est Celui qui met dans notre cœur l'amour qui nous manque. Il est Celui qui partage avec nous cette tendresse, cette fidélité, cette miséricorde qui déborde de son propre cœur.
Le sacrement de pénitence n'est pas une mise au point, ce n'est pas une analyse psychologique, ce n'est pas une recherche minutieuse de nos moindres péchés pour faire une liste exhaustive. Le sacrement de pénitence auquel nous sommes invités pendant ce temps du carême, c'est le sacrement de la réconciliation c'est-à-dire c'est ce geste de Dieu qui ouvre largement ses bras pour nous recevoir près de son cœur, pour remettre à neuf notre cœur, pour faire revivre dans notre cœur cet amour qui était si pauvre, si misérable et qui avait été terni par le péché. Oui nous sommes pécheurs, non pas peut-être de péchés extraordinaires, mais nous sommes pécheurs parce que, petit à petit, nous laissons l'amour s'user, s'effriter, se ternir dans notre cœur. Nous sommes pécheurs parce que nous ne savons pas ouvrir toutes grandes les portes de notre cœur à l'amour de Dieu. Et si nous savons nous laisser envahir par cet amour de Dieu quels que soient nos péchés, nous serons réconciliés, nous serons fiancés de nouveau au Seigneur. Il nous épousera, Il fera de nous sa Bien-Aimée.
Oui, le Seigneur a un cœur dont l'amour déborde et envahit notre propre cœur. Et c'est cela le sacrement du Seigneur, c'est cela que Jésus nous offre, c'est cela que nous devons lui demander. C'est pour cela que nous devons nous approcher de Lui. Ce temps est le temps favorable, c'est le temps du salut, c'est le temps de l'amour, c'est le temps de l'amour retrouvé, c'est le temps du pardon, c'est le temps des fiançailles avec un Dieu qui n'a jamais cessé de nous aimer et qui nous aime d'autant plus que nous ne savons pas toujours nous tourner vers Lui. Alors, aujourd'hui, écoutons sa voix ! Entendons sa voix qui nous appelle ! Ouvrons notre cœur et notre vie à cet appel de Dieu.
AMEN