L'ESPÉRANCE
Est 13, 8-11 +15-17; Lc 11, 14-23
Jeudi de la première semaine de carême - année C (20 février 1986)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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ous avons coutume de dire que l'espérance est l'un des éléments fondamentaux de la vie chrétienne. En effet, et l'évangile d'aujourd'hui nous l'affirme, le Royaume de Dieu est déjà là, est déjà arrivé. Et nous affirmons par là que le Christ se tient comme de l'autre côté de la porte, mais que sa présence agit et nous transforme, dés aujourd'hui, dés maintenant dans ce monde ancien.
Alors, s'agit-il de "faire comme si" ? Il y aurait deux façons de faire comme si.
La première serait de ne pas prendre ce monde au sérieux et quelque peu de le mépriser. Ce serait de dire simplement : "Attendons que la fin arrive, puisque le temps est proche, c'est ainsi que le Christ le dit Lui-même, et les tâches de ce monde et ce monde lui-même ne sont pas à respecter." C'est là une attitude assez païenne que de croire finalement que la vie chrétienne se situe en dehors de la vie du monde.
Je crois qu'il faudrait entendre ce "comme si" comme saint François lui-même. De fait, vivre comme si le Royaume de Dieu est déjà là, c'est finalement donner à la vie chrétienne une hauteur par rapport à la vie proprement du monde. C'est considérer qu'elle ne peut pas être dominée par autre chose que par Dieu Lui-même. C'est un peu comme saint François lui-même quand il appelle la mort "sa sœur". C'est une espèce d'attitude courtoise, sereine, à l'égard du monde, mais qui ne se laisse pas dominer ni par la mort, ni par la souffrance de ce monde.
Alors, vivre en enfants de Dieu, vivre en enfants de lumière, c'est peut-être faire monter en nous cette espèce de hauteur, d'attitude sereine et courtoise à l'égard du monde et de ses valeurs, tout en se gardant de les idolâtrer ou de les mépriser. Oui, vivons en enfants de lumière, vivons et travaillons aux œuvres de la lumière car ce temps d'espérance, c'est un temps d'aube : nous voyons déjà le Christ se lever en nous.
AMEN