EN HÂTE ...
Ct 2, 8-14 ; Lc 1, 39-45
Lundi de la quatrième semaine d'Avent – B
(20 décembre 1999)
Homélie du Frère Yves HABERT
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arie partit et se rendit en hâte". On a beaucoup commenté cette phrase. Les Pères de l'Église y ont vu le sens de l'amour du service, de la disponibilité de Marie, cette femme qui est prête à tout recevoir, puisqu'elle a accepté la Parole de l'Ange, elle l'a reçue en elle, le Sauveur du monde, et aussi cette disponibilité, cette façon de se précipiter.
Mais je ne vais pas parler du sens de l'amour et du service de la Vierge Marie, parce que je trouve que cette phrase traduit très bien l'ambiance qui règne dans les rues en ce moment, l'ambiance qui règne dans nos maisons, l'ambiance qui règne partout, parce que c'est Noël qu'il y a cette sorte d'effervescence, qu'on court après le cadeau à trouver pour le petit neveu ou la petite nièce oubliés, que l'on court pour trouver quelque chose qui changera de la dinde habituelle, que l'on court pour répondre et trouver des cartes postales qui vont pouvoir traduire cette affection qu'on porte à ceux que l'on aime. Il y a comme une espèce d'effervescence dans les rues en ce moment, une espèce de hâte dans les rues en ce moment, je les entends passer sous ma fenêtre, ils ne marchent plus, ils courent !
Et c'est cela qui est souligné par cette hâte, par cette effervescence. Parce qu'on a peut-être oublié que Noël, c'est une naissance, c'est une vérité d'évidence que Noël c'est aussi une naissance. Et une naissance, si elle est attendue, désirée peut-être par des couples qui ont du mal à avoir un enfant, cette naissance qui est même quelquefois même programmée, dans l'intérêt de l'enfant ou celui de la mère, on peut même déclencher la naissance avant, ce petit bonhomme qui est échographié, dès qu'il apparaît, aussitôt, il y a cette sorte de bouleversement, des comportements bizarres, le père file chercher une pellicule pour ne pas rater la photo du premier sourire, le père court à la mairie pour déclarer la naissance de son enfant ... A chaque fois qu'il y a une naissance, il y a comme une effervescence, même si on est prévenu, on sait qu'il va arriver, mais dès qu'il est là tout est chamboulé. Et je crois que l'évangile traduit très bien cette effervescence, à travers cette petite phrase qu'il n'était pas obligé d'écrire, mais elle y est ... : "Marie se rendit en hâte!" parce que Jean-Baptiste allait naître. Mais cette espèce d'effervescence aussi quand on a tout prévu, quand tout est prévu depuis les siècles, quand pour cette naissance le Fils avait dit un "oui" éternel à la volonté du Père, quand on a bien attendu patiemment au long des siècles la disponibilité et le "oui" de Marie, quand une naissance n'avait jamais été aussi désirée que celle-là, il faut quand même, je ne sais pour quelle raison, peut-être pour traduire cette effervescence, il faut quand même que le Jour J, alors que tout semble prévu, que tout semble attendu, il faut qu'on trouve encore le moyen de ne plus avoir de place à l'hôtellerie, de naître dans une crèche. Il faut encore qu'il y ait cette hâte même à Noël. Marie se rendit en hâte dans le haut pays, le Fils naît aussi dans la hâte dans cette nuit de Noël pour qu'à travers toute notre effervescence qui nous prépare à l'anniversaire de la naissance, à travers tous ces préparatifs de fête, à travers cette course dans les rues de la ville, que nous accueillions profondément Celui qui doit venir.
AMEN