AFFAIRE DE SUBVERSION
So 3, 14-18 a ; Lc 1, 39-45
Vendredi de la troisième semaine de l'Avent – A
(21 décembre 2001)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS
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orsque dans le début de l'évangile de Luc la Vierge Marie chante le cantique du Magnificat, elle s'inscrit, dans la tradition de l'Ancien Testament qui à certains moments confie aux femmes ce que j'appellerais les cantiques de la subversion.
En effet, vous connaissez l'épisode d'Anne, la mère de Samuel, celle qui était considérée comme rien, et qui pourtant est devenue mère du très grand prophète Samuel. Vous connaissez aussi le livre de Judith. Judith apparemment est une veuve, elle n'a aucun statut social, elle n'a aucune force, aucun pouvoir dans la cité, et pourtant, c'est elle qui à la fin proclame les grandeurs de Dieu. Et aujourd'hui, c'est la Vierge Marie qui à son tour s'inscrit dans cette tradition et montre comment Dieu subvertit en elle et puis ensuite, dans le monde entier, toutes les valeurs sur lesquelles on croit habituellement se fonder.
C'est pourquoi le Cantique de la Vierge Marie, est un élément si important dans la théologie chrétienne, au moment où Marie devient Mère de Dieu, c'est-à-dire où le Christ entre dans la création, où l'absolu de Dieu rentre dans la finitude et les limites de la création, Marie proclame le fait que Dieu est en train de changer complètement l'ordre même de la création, l'ordre même du Salut.
Désormais l'homme ne se sauvera plus lui-même par sa propre puissance, par son propre pouvoir, désormais, c'est dans la mesure où il reconnaîtra sa faiblesse, son humilité, sa pauvreté, comme Marie en ce jour, que l'homme découvrira la puissance du Salut de Dieu.
C'est à cela que nous sommes invités pour nous préparer au moment de Noël, lorsque Dieu viendra effectivement changer l'ordre de nos cœurs, l'ordre du monde, et l'ordre du destin de toute la création.
AMEN