DE DÉVOILEMENT EN DÉVOILEMENT
Nb 24, 2-7+15-17 ; Jn 5, 33-36
Lundi de la troisième semaine de l'Avent – B
(16 d"cembre 2002)
Homélie du Frère Jean-François NOEL
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n quelque sorte, il nous faut remonter le courant, remonter de la voix à la Parole, de la lumière à Celui qui a créé la lumière, de l'eau à la source.
Ce temps de l'Avent nous fait voir derrière chaque chose une autre chose plus haute, plus grande et plus profonde dont elle découle et qui pourrait d'ailleurs un instant cacher l'origine, l'alpha et l'oméga. L'Avent agrandit nos esprits comme le vent du désert agrandit les tentes pour nous ouvrir et nous faire accepter la hauteur la grandeur et la longueur de la profondeur de Dieu, de son énigme, de son mystère. On ne rentre pas d'emblée dans cette intensité, il y faut une sorte de préparation, sinon on ne voit rien, ou l'on s'y perd. Non pas que Dieu ne se laisse pas approcher, au contraire, il multiplie et les prévenances et les signes qui permettent de la guetter. C'est nous qui ne sommes pas prêts à une telle rencontre, à une telle intensité et de brûlure, et de hauteur et de temps.
Quelle puissance a le souffle de Dieu pour avoir traversé les siècles et avoir suscité tous ces signes en fait jusqu'au dernier, en maniant avec comme une baguette de chef d'orchestre, les ruptures, les discontinuités, et en même temps la fluidité profonde. C'est un même message, un même mot, le même Verbe qui parcourt les siècles et dont le Christ en sera l'expression définitive et finale : l'amour du Père pour les hommes.
C'est pourquoi dans l'évangile que nous avons entendu Jean-Baptiste ne se cache pas, mais il dévoile, il s'efface pour laisser apparaître Jésus, qui Lui-même s'effacera pour laisser apparaître le Père. Ces effacements nous font ouvrir les yeux sur un dévoilement progressif de plus en plus profond. Notre vie va de dévoilement en dévoilement, ce n'est pas simplement une sorte d'humilité, mais une mort à nous-mêmes, pour que de mort en mort, nous découvrions l'effet de la Résurrection déjà en route en chacun de nous. La façon dont les choses se sont toujours conjuguées même si on ne l'a pas toujours senti. Elles se conjuguent depuis le début, mort et vie.
Que cette conjugaison profonde, que cette action puissante en chaque homme, malgré souvent les apparences, nous donne l'espoir que nous allons contempler le Verbe, et le Verbe fait chair.
AMEN