IL VIENT
Is 11, 10-16
(6 décembre 1980)
Homélie de Jean BOLOMEY
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os frères les premiers chrétiens étaient dans l'attente du retour imminent de Jésus et ils étaient tentés, par là même, de se désintéresser du monde présent et d'abandonner leurs responsabilités d'homme et de femme. Nous-mêmes après vingt siècles, nous savons que le retour du Christ n'est pas imminent dans le temps, et dès lors, nous avons la tendance inverse, de nous accommoder du monde, d'en prendre notre parti et de nous y installer, et pourquoi pas, confortablement.
Peut-être nous serait-il utile, alors de retrouver le souffle prophétique et passionné qui animait les Juifs dispersés dans les nations et qui espéraient le retour dans la Terre Promise. Vous avez entendu ces passages : "Ce jour-là, la racine de Jessé se dresse comme un signal pour les peuples." - "Ce jour-là, le Seigneur étendra la main une seconde fois. Il rassemblera les bannis d'Israël. Il regroupera les dispersés de Juda des quatre coins de la terre. Alors cessera la jalousie d'Ephraïm et les ennemis de Juda seront retranchés de la terre." -"Dieu assèchera la baie de la mer d'Égypte, il agitera la mer contre les fleuve, dans la violence. Il y aura un chemin pour le reste de son peuple, comme il y en eut pour Israël quand il monta du pays d'Égypte." L'amour de la patrie les porte à imaginer une nation parfaite, sans jalousie, sans injustice et ils vont même jusqu'à lancer des imprécations contre les nations qui les ont dispersés.
Si nous étions vraiment convaincus du monde qui vient, nous ne serions pas tentés d'abandonner nos tâches et nos responsabilités, mais nous les accomplirions de telle manière que, même les plus simples, les plus humbles, les plus banales, traduiraient quelque chose de notre attente, de notre espérance. Elles annonceraient, à leur manière, le retour du Christ, car désormais, la grande affaire de notre vie et de la vie de l'Église, c'est d'attendre et de préparer le retour du Christ. Parce qu'il a été au commencement de toute chose il en sera aussi la fin. En ce sens, nous avons chacun à entrer dans la vocation de Jean le Baptiste, celui qui est derrière nous passe devant nous, parce que avant nous Il est.
Vous vous en souvenez, pour nourrir la foule affamée, Jésus a eu besoin, a voulu avoir besoin des cinq et des deux poissons du jeune homme. Travaillons à accomplir le monde présent, car pour bâtir son royaume ? Jésus veut avoir besoin de notre monde pour en faire comme la substance du monde qui vient. Et puisque nous sommes là pour l'eucharistie, apportons-lui maintenant, chacun personnellement, et ensemble, communautairement notre vie avec le pain et le vin pour qu'Il en fasse son corps et son sang.
AMEN