JUGEMENT ET MISÉRICORDE

Isaïe 6, 1-13 ; Luc 3, 7-18

Vendredi de la première semaine de l'Avent – B

(2 décembre 2011)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Samarie : le van du vanneur

F

rères et sœurs, avec Jean-Baptiste figure centrale de ce temps de l'Avent, nous sommes à la jonction des deux testaments. Déjà Jean-Baptiste entrevoit quelqu'un de plus grand que lui qui ne nous baptisera plus pour le pardon des péchés comme il le faisait, mais qui nous plongera dans l'Esprit Saint. Et pourtant, bien qu'il devine ainsi le Nouveau Testament qui pointe, Jean-Baptiste est encore un prophète de l'Ancien Testament, qui annonce le jugement de Dieu qui est redoutable.

Il y a ce Christ qui vient et qui est comme celui qui va nettoyer son aire : "Il tient en sa main la pelle à vanner pour nettoyer son aire et recueillit le blé dans son grenier. Quant aux bales, il les consumera au feu qui ne s'éteint pas". C'est donc un Dieu vengeur, un Dieu qui vient punir le péché et récompenser les bonnes actions qui est annoncé par Jean-Baptiste comme l'ont fait tous les prophètes qui l'ont précédé. D'ailleurs, il donne des conseils bien précis à tous ceux qui viennent se faire baptiser par lui, y compris les soldats, les commerçants, tout le monde reçoit son programme. Nous sommes donc à la jonction entre un Ancien Testament dominé par le jugement et par la force et la violence de Dieu, et le Nouveau Testament.

Un texte que nous lirons dimanche prochain nous le dit de façon très précise : Jean-Baptiste ayant annoncé ainsi celui qui va nettoyer son aire et jeter au feu la bale, celui-là c'est le Messie promis. Et pourtant, le Messie qu'il voit est un Messie qui pardonne, un Messie qui guérit, un Messie qui rend la vue à ceux qui n'en ont pas. Jean-Baptiste est décontenancé et la différence entre le Messie qu'il attendait et le Messie qu'il voit le conduit à envoyer ses disciples auprès de Jésus pour lui demander : "Es-tu vraiment celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?" Jésus répond aux envoyés de Jean-Baptiste : "Allez dire à Jean : les aveugles voient, les sourds entendent, les muets parlent, les morts ressuscitent, et bienheureux celui qui ne se scandalisera pas des actions du Fils de l'Homme". C'est donc Jésus lui-même qui affirme clairement que la Loi du jugement et de la punition laisse la place désormais à celle de la miséricorde et à la guérison du cœur et du corps des hommes.

Que nous comprenions ce rôle de Jean-Baptiste qui conduit l'Ancien Testament jusqu'aux portes du Nouveau, et qui s'efface devant la miséricorde de Dieu.

 

AMEN