MARIE REINE

Si 24, 3-22 ; Lc 1, 26-38
Ste Marie, Reine - (22 août 2007)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC

 

F

rères et sœurs, en ce jour où nous faisons mémoire de la Vierge Marie sous le vocable de Reine, permettez-moi de me laisser aller à une confidence familiale.

Quand j'avais six ans, nous allions en famille voir une tante qui habitait un tout petit village par loin de Rennes en Bretagne, une dame charmante, qui était déjà assez âgée, très simple, toujours de bonne humeur, avec ce visage un peu couperosé, le visage de ces femmes qui ont beaucoup travaillé à la campagne dans les champs. Une femme qui tenait à garder sa maison aussi propre que possible, une maison toujours étincelante, une femme qui, je me souviens, m'avait offert le jour de ma première communion, tout le monde la faisait toujours au même moment, elle m'avait offert ma première trousse de toilette de voyage.

Si je vous raconte cela, frères et sœurs, c'est parce que cette femme s'appelait Marie-Reine, et dans la tête d'un petit garçon de six ans, son prénom était un triple prénom, elle s'appelait tante Marie-Reine. Je crois que ma tante n'était pas si loin que cela de la Vierge Marie que l'on voit couronnée sur cette peinture, pourtant, tout semble les séparer, une qui est rayonnante dans ses vêtements, couronnée par son Fils, et quel Fils, puisque c'est le Fils de Dieu, et de l'autre côté une femme très simple, de la campagne, très simple dans son cœur et dans sa foi, mais qui, comme femme d'intérieur n'avait qu'un seul souci, c'est faire plaisir à sa famille et offrir la maison la pus belle possible où toute personne était toujours la bienvenue.

La royauté de la Vierge Marie c'et cela, il ne faut pas aller chercher plus loin. Ce n'est pas une royauté d'honneur, ce n'est pas cette royauté à laquelle nous rêvons comme quand on achète Gala ou Point de Vue images du monde, mais la royauté de la Vierge Marie, je le disais tout à l'heure en introduction à cette eucharistie, elle prend sa source au cœur même du service, au cœur de cette phrase que Marie a dite à l'ange qui venait lui demander : veux-tu être la Mère du Fils de Dieu ? elle a répondu : "Je suis la servante du Seigneur".

Qu'au cours de cette célébration nous puissions nous-mêmes déboucher sur cette royauté non pas celle que nous voulons souvent, une royauté d'honneur, mais sur cette royauté de service. Quand nous célébrons la Vierge Marie Reine, nous faisons aussi mémoire de cette petite phrase qui passe si souvent à la trappe quand nous célébrons un baptême. Au moment où le prêtre dit à l'enfant ou à l'adulte : "tu es prêtre, prophète et roi", cette royauté à laquelle nous sommes appelés elle s'ancre dans l'Ascension du Christ, et elle s'ancre aussi sur la manière dont nous serons capables en toute liberté à répondre à toute grâce que le Seigneur nous a faite le jour de notre baptême.

 

AMEN