LA FÊTE DE L'AMOUR

Si 24, 3-22 ; Lc 1, 26-38
Ste Marie, Reine - (22 août 1986)
Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

C

elle que nous célébrons aujourd'hui comme une reine est appelée par l'évangile, "une ser­vante", celle que nous célébrons entourée des saints, celle qui est entrée la première dans la gloire de Dieu, celle qui est couronnée par le Christ son fils, Lui-même, celle-là même est une servante tout incli­née devant la grâce et le don que Dieu lui a fait de porter en son sein le Fils de Dieu.

Que signifie pour nous la fête de Marie-Reine? Celle qui vient compléter celle de l'Assomp­tion fêtée le quinze août, fête qui signifie comment l'amour peut rayonner, comment l'amour est comblant et comment Marie est l'exemple même de celles qui, à travers elle, comblent et rayonnent d'amour sur le monde entier. Fêter Marie comme reine, c'est fêter ce qu'est l'amour réellement, c'est-à-dire un amour com­blé et un amour comblant, un amour qui rayonne sur le monde entier, passant à travers elle et inondant chacun des membres de son Église, c'est cela la fête de Marie Reine.

Et regarder Marie comme une reine, comme la mère de Dieu, c'est pour nous, goûter quelque peu les prémices du Royaume de Dieu, de cette gloire à laquelle nous sommes tous destinés, de cette gloire qui se posera sur nous et qui nous transformera. Goûter et voir Marie, c'est reconnaître et voir d'avance ce parfum ineffable, cette charité indicible qui inonde entièrement le monde à travers l'Église, c'est avoir goût déjà du paradis nouveau, ce paradis nouveau que Dieu nous promet en nous sauvant par son Fils.

Ainsi regarder cette femme entourée des saints et couronnée d'étoiles à travers le ciel, c'est voir comment et quel est le poids d'amour, le poids de promesse que Dieu a discerné et dessiné avant tous les saints, pour chacun des hommes, dans son Église. Oui c'est là la réalité même de l'amour, de celui qui pèse si lourd qu'il pèse si lourd sur Marie mais aussi sur chacun des membres, afin que nous aussi, à la suite de Marie, nous rayonnons d'amour et soyons inondés de sa gloire, à laquelle nous sommes tous destinés. Si Marie est fêtée comme une reine, celle qui est proche de nous par sa compassion, celle qui est proche comme une Mère, celle qui est aussi pro­che de Dieu, aussi proche des hommes, c'est qu'elle est comme l'avant-poste entre Dieu et nous, celle qui intercède de façon incessante et qui nous ouvre cette porte de cette prière qui doit monter de nous vers Dieu. Aussi faisons monter cette prière simple, tout inondée et émerveillée de cette splendeur qui a rayonné sur Marie afin que nous soyons vraiment promis et que nous gagnons cette gloire à laquelle nous sommes destinés.

 

AMEN