REPROCHE VIVANT

Jr 1, 17-19 ; Mc 6, 17-29
Martyre de St Jean Baptiste - (29 août 2013)
Homélie du Père Jean-Noel N'TCHA

Martyre de Jean-Baptiste (Saint Léonard)

F

rères et sœurs, à la lecture de cet évangile, on constate malheureusement que notre vie d'hier comme celle d'aujourd'hui, et ce sera ainsi pour toujours, cette vie est tissée de tous les vices possibles, de jalousies, de convoitises, de haines, de vengeances. Dans tout cela, c'est toujours le plus faible qui paie le prix, celui qui n'a pas de défense.

Dans cette fête de Jean-Baptiste, en écoutant ses paroles, cela nous renvoie à la dimension prophétique de notre baptême. Qu'est-ce que Jean avait d'attirant pour qu'on en veuille à sa vie ? Ce qu'il avait de précieux, c'est l'authenticité de sa personne et de sa parole. C'est cela qui suscitait tant de haine à son égard, l'authenticité de sa personne et de sa parole. Je crois que notre mission prophétique de par notre baptême nous a fait prophète et roi. Cette dimension prophétique de notre baptême, c'est justement cette authenticité de notre personne et de nos paroles. C'est la seule chose qui reste quand on est dépouillé de tout.

Cela ne plaît pas toujours aux gens quand vous essayez d'être vrai avec vous-même, avec Dieu, vous devenez un reproche, votre personne devient un reproche vivant vis-à-vis des autres parce que vous perturbez leur conscience. Ils voudraient être ce que vous êtes, mais ils ne le peuvent pas et en réaction c'est la haine. Une convoitise qui devient de la haine. Nous n'avons pas le choix de nous dérober à notre mission prophétique sous prétexte que nous gênons la conscience des autres et nous n'en n'avons pas le droit ! Si nous sommes prophètes, nous devons exercer cette vocation.

Ce n'est pas sans conséquences, nous avons entendu comment Jean-Baptiste a terminé sa vie. Nous ne finirons peut-être pas de la même manière, mais nous subirons les conséquences logiques qui découleront de l'authenticité de notre personne. Nos sociétés modernes ont laissé le pas à la liberté et l'on tend à relativiser cette authenticité, on respecte tellement l'autre qu'on ne veut pas le gêner. C'est une bonne chose mais en même temps le fait de lui laisser tout le champ de liberté qui va l'induire en erreur, fait que nous aurons failli à notre mission. C'est bien de parler et de laisser la personne libre dans ses choix. On est alors dégagé de notre responsabilité de prophète.

Si, essayant d'être ce que nous devons être, nous attirons et des méchancetés, des jalousies, des convoitises suicidaires, on rend grâces à Dieu parce que nous aurons fait ce que nous devons faire pour répondre à notre mission.

Que la grâce de cette eucharistie que nous célébrons en mémoire de Jean-Baptiste nous accorde la persévérance et le courage c'est ce qui a valu à Jean-Baptiste cette intégrité, cette authenticité de sa personne. Que nous ayons le courage de témoigner de notre foi aussi bien dans les joies que dans les épreuves.

 

AMEN