L'ATTENTE DE L'AGNEAU

Jr 1, 17-19 ; Mc 6, 17-29
Martyre de St Jean Baptiste - (29 août 1989)
Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

L

es actes de Jean-Baptiste trouvent leur écho dans ceux du Christ. Ils annoncent, ils sont les premiers, ils établissent sur le chemin de la vie d'un homme ce que l'homme dieu, le Seigneur donnera comme signification à chacun de ses actes. Jean-Baptiste est comme le miroir qui nous renvoie l'éclat premier du rôle de chacun des actes de la vie du Christ. C'est dire que ces actes : naître, mourir, prê­cher et baptiser, vont prendre dans la vie du Christ un sens nouveau comme si le doigt de Jean-Baptiste non seulement nous montrait l'Agneau de Dieu, mais nous montrait dans la vie même de l'Agneau, ce qui allait provoquer, signifier directement le salut.

Et en indiquant ainsi ces événements désor­mais définitifs, ce sont nos propres événements que le doigt de Jean-Baptiste nous montre à travers le Christ. Notre propre naissance, notre propre baptême, notre propre mort n'ont maintenant de sens que trempés, qu'immergés dans ceux du Christ. Et c'est comme si du haut d'une haute montagne on pouvait comparer la longue file d'attente d'Israël dont Jean Baptiste est le sommet et qui, du fond de son cœur attend une figure de Messie. Tous, par leur chant, par leur louange, par leur péché ou par leur désir, attendant ce Christ, nous montrent qu'il faut passer à travers le Christ pour que notre vie trouve sa pleine signification.

Alors, en cette fête nous tenons les deux bouts d'une grande chaîne qui représente la Révélation de Dieu. Au centre, le Christ, aux extrémités, chacun de nous d'une part et Jean-Baptiste de l'autre. C'est une même signification, c'est un même rôle, c'est un même salut, c'est une même force et une même puis­sance. C'est donc un même Esprit qui traverse le monde, qui traverse l'histoire de ce monde pour don­ner à chacun de nos actes aujourd'hui, le même sens, la même valeur que ceux du Christ.

Encore faut-il que nous suivions vraiment les traces de Jean-Baptiste par la foi. Pour accéder et donner à notre vie cette signification que Jean-Bap­tiste nous montre et que le Christ nous donnera, il nous faut passer par ce petit chemin étroit que le Bap­tiste a ouvert qui est de reconnaître, avant qu'Il ne se montre et se révèle, le maître, le Seigneur, le Messie. Demandons à Jean-Baptiste qu'il renforce en nous notre foi afin que, acceptant de passer, au sens de la Pâque, par le Christ, notre propre vie en prenne son sens plein et total et que nous puissions ainsi devenir, comme Jean-Baptiste, et plus que Jean Baptiste, des serviteurs et des enfants de Dieu tels que le Christ nous l'a promis.

 

 

AMEN