LA PUISSANCE DE LA PRIÈRE

Jr 2, 20-25 ; Lc 7, 11-17
Ste Monique - (27 août 2011)
Homélie du Père Jean-Noel N'TCHA

Image de dévotion - Gravure du XIX siècle

F

rères et sœurs, nous célébrons la mémoire de sainte Monique, et à cette époque où nous subissons la dictature du relativisme pour reprendre les mots du pape Benoît XVI, il est nécessaire de méditer la vie de cette femme, humble, modeste. Monique est issue d'une famille chrétienne. Elle a bénéficié d'une éducation chrétienne, d'une enfance pure et pieuse sous la surveillance, ajoute Augustin lui-même, d'une servante sévère et rigoureuse.

A l'âge de vingt-deux ans, comme les bonnes filles ne trouvent pas de bons maris, et inversement, Monique fut donnée en mariage à un jeune homme d'une noble famille. Ce jeune homme était païen, brutal, violent et libertin. Vous voyez le contraste : une fille bien éduquée, pieuse, douce, avec ce genre d'homme. C'était le début de son calvaire. Saint Augustin précise que Monique a beaucoup souffert d'abord de son mari Patrice, et aussi de sa belle-mère (vous voyez qu'à l'époque, toutes les belles-mères n'étaient pas tendres). Monique a souffert de tout cela. Au niveau de sa vie chrétienne, on retiendra d'elle qu'elle était une femme de prière. Elle aimait fréquenter l'église et réciter ses prières. Grâce à cette pratique spirituelle et sa constance, elle a pu obtenir d'abord la conversion de son mari Patrice, et ensuite de son fils Augustin, vous en connaissez l'histoire.

Il est difficile de parler de Monique sans parler de son fils. Mais cependant, cette vie de sainte Monique nous interpelle tous. Et je m'adresse particulièrement aux femmes, à nos mamans. On dit qu'elle a reçu une éducation chrétienne et il y a un côté négatif qui n'est pas innocent, une éducation sévère. La servante veillait de façon sévère, rigoureuse, pas méchante, mais sévère. A l'heure actuelle, quelquefois, cette rigueur manque, nous laissons les jeunes faire n'importe quoi. Vous voyez, quand on met une goutte d'huile par terre, elle se répand, il en est ainsi pour les enfants et les adolescents. Ils se répandent, et tant qu'ils ne rencontrent pas un obstacle, ils continuent à faire n'importe quoi, et nous ne savons pas jusqu'où cela peut aller ! Sainte Monique était consciente de la forme qu'elle voulait donner à son fils, et Dieu l'a exaucée, il l'a écoutée.

Si nous pensons que telle chose serait profitable pour notre enfant, pourquoi ne pas le lui indiquer ? Pourquoi le laisser décider tout seul ? Il est libre ? il est adulte ? Non. Saint Paul nous dit : "Tout m'est possible, mais tout ne m'est pas permis". Tout est possible, mais il faut que quelqu'un nous dise : non, il y a des choses qui ne te sont pas permises. C'est ce que Monique a su réaliser dans la vie de saint Augustin, mais dans une ambiance de prière et de supplication.

Demandons cette grâce à Dieu par l'intercession de Monique, qu'elle donne à toutes les femmes soucieuses de l'avenir de leurs enfants la grâce de pouvoir les éduquer comme il le faut, dans la douceur, mais aussi la fermeté et la rigueur.

 

AMEN