L'ÉGLISE ET LES FAMILLES
Ep 4, 17-24 ; Lc 7, 11-17
Ste Monique - (27 août 2009)
Homélie du Frère Christophe LEBLANC
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ne lecture un peu rapide de la biographie d'Augustin et de Monique pourrait nous laisser de sa mère un visage un peu agaçant, de quelqu'un qui est toujours derrière son fils (on appellerait cela une mère envahissante), comme si elle n'avait pas assez confiance dans les capacités de son fils. Quand Augustin s'enfuit d'Afrique du Nord pour arriver à Milan, sa mère continue à le poursuivre. C'est une femme qui essaie tant bien que mal de vivre sa vie chrétienne avec un mari qui ne partageait pas sa foi, une mère qui trouve que, quand même, Augustin son fils, vit en concubinage avec une femme, ce n'est pas très bien, il faudrait qu'il quitte cette femme avec son fils pour trouver une femme plus argentée pour se marier de manière légale.
Mais je crois qu'il ne faut pas s'arrêter à ces petites apparences. Je voudrais réfléchir avec vous sur la conception de la maternité. Vous l'avez entendu tout à l'heure dans cet évangile, il est question d'une mère qui apporte au Christ, son enfant mort, et le Christ le rend vivant à sa mère. Je pense qu'on pourrait réfléchir là-dessus par rapport à la vie de saint Augustin et de la transmission de la foi.
La mère dans la vie de saint Augustin prend deux visages. Il y a la mère, celle qui l'a enfanté physiquement, et il y a une autre mère qui est l'Église et qui prend le visage d'Ambroise de Milan. La naissance d'un enfant ne se fait pas uniquement physiquement, elle se fait aussi par un autre engendrement. Pensez à cet évangile très beau de Nicodème dans lequel Jésus lui révèle qu'on ne naît pas uniquement d'en-bas, mais aussi qu'on naît d'en-haut. Monique, à sa manière, et Ambroise évêque de Milan à sa manière lui aussi, ont collaboré pour enfanter Augustin à la vie chrétienne et faire de lui ce qu'il est devenu, un immense évêque qui lui-même a été à l'origine de beaucoup de conversions.
Cela devrait nous amener à une réflexion importante sur la collaboration entre la maternité familiale, la cellule du père et de la mère, avec la mère qui est l'Église. Quelle collaboration doit-on avoir entre d'un côté les familles, et de l'autre côté, la vie ecclésiale ? C'est une question extrêmement importante pour aujourd'hui. De fait, si nous sommes dans un schéma trop ecclésial, même si vous tombez sur un Ambroise de Milan, je ne suis pas sûr qu'on réussira à convertir des foules. Si de l'autre côté la vie chrétienne ne reste confinée que dans la vie familiale, elle n'arrivera jamais à s'épanouir dans la communauté ecclésiale de tous les chrétiens.
Frères et sœurs, c'est ce qui est très beau dans ce que nous célébrons en ce jour, avec la fête de sainte Monique, c'est que nous n'enfantons pas seul. Que les femmes ou les familles ne croient pas qu'elles peuvent enfanter seules leur enfant à la vie chrétienne. Elles ont besoin de la maternité de l'Église, donc de l'évêque, du prêtre. Mais il faut aussi que l'Église se rappelle qu'elle a besoin elle, des familles, des pères, des mères, et des enfants pour enfanter à la vie ecclésiale et à la vie chrétienne, des enfants.
C'est cela que nous sommes invités à méditer à travers Monique. Laissons de côté son caractère assez spécial, ses pleurs, et tout le reste, cela n'a pas beaucoup d'importance. Mais nous avons vraiment à réfléchir sur cette collaboration entre la famille, les parents et l'Église.
AMEN