LA FORCE DE L'ESPRIT

1 R 3, 11-14 ; Mt 5, 38-48
St Louis - (25 août 1989)
Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

E

n nous dégageant des images d'Epinal qui peuvent encore encombrer notre imagination quant-à ce monsieur couronné qui devait ren­dre la justice sous un chêne, il est un fait que dans sa sagesse l'Église a envie de célébrer la transmission du salut. C'est un fait que la révélation du salut par Jésus-Christ passe par des hommes, par des femmes et par­fois même par des états ou par des civilisations qui permettent d'ensemencer davantage le monde de se développer, de se faire connaître. Ce qui ne veut pas dire qu'elle confère pour autant à ceux qui les ont reçus le droit d'appartenir de plain-pied au Royaume éternel. Car tous ces royaumes, ces civilisations, ces états ne sont que des moyens de faire passer de faire venir davantage le Royaume de Dieu. Et les saintetés que nous célébrons jour après jour dans l'Église sont autant de jalons de lumière pour célébrer cette foi en Jésus-Christ.

Ce n'est pas seulement une leçon du passé que nous voulons entendre mais c'est aussi prendre cons­cience de la force même dont la Révélation se sert pour passer à travers les hommes et les femmes d'un temps pour aller au-delà, pour permettre ainsi au Royaume de se développer considérablement siècle après siècle. Célébrer le passé, c'est donc célébrer la force même de l'Esprit qui sait épouser, qui sait s'ajuster à chaque époque, à chaque état, à chaque royaume pour pouvoir toucher davantage les hommes dans leur cœur et leur faire découvrir ce visage de miséricorde et d'amour que Dieu a voulu faire connaître à l'humanité tout entière.

Le passé religieux d'un pays que nous célé­brons en ce jour nous permet de prendre conscience combien il a pu parfois, avec une grande harmonie, épouser ce que le Christ et Dieu voulaient, ce qui ne veut pas dire que les époques doivent se ressembler car Dieu sait ajuster à chaque époque la façon dont la Révélation doit se faire connaître pour que l'époque suivant puisse elle aussi la recevoir.

Nous sommes des membres d'une époque, nous avons nous aussi à être des passants, des pas­seurs de cette révélation. Nous avons à reprendre conscience de la force, de la puissance, de la certitude qui animaient nos ancêtres et qui ont permis à notre pays de contribuer, tant bien que mal, à célébrer le Christ. Nous avons à être conscients de notre rôle dans ce passage, nous sommes tous des apôtres en­voyés par Jésus-Christ pour annoncer la bonne nou­velle, car nous sommes certains que ce salut est fait pour tous les hommes, tous les hommes à venir.

 

AMEN