TU VERRAS MIEUX ENCORE !

Ap 21, 9-14 ; Jn 1, 45-51
St Barthélémy - (24 août 1991)
Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

L

e nom de Barthélemy n'est pas cité dans l'évangile que nous venons de lire mais on l'associe à celui de Nathanaël dont saint Jean est le seul à nous signifier l'existence. Dans les listes des apôtres on ne trouve pas trace de Nathanaël mais uniquement de Barthélemy. Le passage de ce jour fait partie de l'ensemble consacré à l'appel des disciples inclus dans l'évangile de Jean dans ce que l'on appelle "la semaine inaugurale".

Cette semaine inaugurale contient bien sûr sept jours. Elle commence par le témoignage de Jean-Baptiste, continue par l'appel au jour le jour des pre­miers apôtres et se conclut par le premier signe aux noces de Cana. Cet appel des disciples se fait selon un crescendo. Nous avons d'abord cette magnifique évo­cation du Verbe de Dieu venu en notre chair : "Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu"... Puis nous passons directement au témoignage de Jean le Baptiste qui décrit le Christ en ces termes : "Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ! C'est Lui dont j'ai dit : "Derrière moi vient un homme qui est passé devant moi parce que avant moi Il était ! Et moi j'ai vu et je témoigne que Celui-ci est l'Elu de Dieu !". Jean-Baptiste témoigne que Jésus est l'Elu de Dieu parce qu'il a vu l'Esprit saint reposer sur lui. Mais le témoignage ne s'arrête pas là car à chaque appel les apôtres vont eux-mêmes témoigner de la personne de Jésus.

"Regardant Jésus qui passait Jean-Baptiste dit à deux de ses disciples : "Voici l'Agneau de Dieu !" Les deux disciples entendirent ses paroles et suivirent Jésus. André, le frère de Simon-Pierre, qui était l'un des deux à avoir suivi Jésus, rencontre Simon et lui dit : "Nous avons trouvé le Messie ce qui veut dire Christ ! Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : "Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les Prophètes, nous L'avons trouvé : Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth. Nathanaël, après avoir entendu Jésus, reprit: "Rabbi, Tu es le Fils de Dieu, Tu es le roi d'Israël !"

Et la conclusion, étonnamment, est donnée par le Christ. Il ne reprend aucun de ces titres, mais Il leur donne un point d'orgue : "Vous verrez le ciel ou­vert et les anges de Dieu monter et descendre au-des­sus du Fils de l'Homme."

Dès les premiers chapitres de l'évangile de saint Jean, au-delà de ce dont saint Jean témoigne pour nous-même dans sa méditation et dans sa connaissance du Christ qu'il désigne comme le Verbe, la Parole éternelle qui était auprès de Dieu depuis toujours, dès le début de la manifestation du Christ, tous les titres messianiques lui sont donnés par le témoignage des hommes. Et la phrase-clé de ce té­moignage des hommes au Christ c'est celle qu'ils se disent les uns aux autres : "viens et vois ! Où demeu­res-Tu ? Venez et voyez !" répond Jésus. "De Naza­reth, peut-il sortir quelque chose de bon dit Natha­naël. Et Philippe de reprendre : "Viens et vois !"

Il est important pour nous de bien restituer l'annonce apostolique pour notre temps aujourd'hui. Le Christ se manifeste dans sa plénitude au jour où nous recevons la foi. Il nous est donné en son intégra­lité et il nous appartient alors de le reconnaître. Il y a à la fois un double mouvement. Peut-être un mouve­ment intellectuel comme pour Nathanaël qui résumait en lui l'attente du Messie qui devait naître à Bethléem. Il pose les questions d'école, celle qui doivent vérifier le contenu même de la foi. "De Nazareth, peut-il sor­tir quelque chose de bon ?" le deuxième mouvement est un leitmotiv dans l'évangile de Jean. "Où demeu­res-Tu ?" Il faut demeurer auprès du Christ pour comprendre qui Il est, donc il faut venir et voir.

Et plus tard Jean dira : "Ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons connu du Verbe de Dieu, nous vous l'annonçons !"

En fêtant Nathanaël nous pouvons compren­dre que contemplation et apostolat s'unissent dans une même foi, dans un même témoignage pour désigner Celui qui est le Verbe de toute éternité, Celui qui nous appelle comme Il a appelé ses disciples, mais Celui qui nous laisse cet espace de liberté pour reconnaître en sa personne le Christ, le Fils de Dieu, Lui le Mes­sie, Lui l'élu, Lui le Fils de l'Homme.

 

AMEN