BIOGRAPHIE

Ct 8, 4-7; Lc 11, 5-13
St Bernard - (20 août 2011)
Homélie du Père Jean-Noel N'TCHA

F

rères et sœurs, je voudrais partager avec vous quelques notes biographiques de saint Bernard dont nous célébrons la mémoire aujourd'hui.

Saint Bernard, le prodige de son siècle naquit en 1091 au château de Fontaine, près de Dijon, d'une famille distinguée par sa noblesse et par sa piété et fut dès sa naissance consacré au Seigneur par sa mère qui avait eu en songe le pressentiment de sa sainteté future. Une nuit de Noël, Bernard, tout jeune encore, assistait à la messe de Noël, il s'endormit et pendant son sommeil, il vit clairement sous ses yeux la scène ineffable de Bethléem et contempla Jésus entre les bras de Marie. A dix-neuf ans, malgré les instances de sa famille, il obéit à l'appel intérieur de Dieu qui le voulait dans l'ordre de Cîteaux, mais il n'y entra pas seul. Par ses prières et ses exhortations, il décida six de ses frères et vingt-quatre autres gentilshommes à le suivre.

L'exemple de cette illustre jeunesse et l'accroissement de ferveur qui en résulta pour le couvent, suscitèrent tant d'autres vocations qu'on se vit obligé de construire des nouveaux établissements. Bernard fut le chef de la colonie qu'on envoya fonder un nouveau monastère à Clairvaux. Ce monastère devint célèbre et fut à la source de cent soixante fondations du temps même du vivant de notre saint.

Cependant Bernard dès ses premiers pas dans la vie religieuse, atteignait les sommets de la perfection. Chaque jour, pour animer sa ferveur, il avait sur les lèvres ces mots : Bernard, que viens-tu faire ici ? il y répondait à chaque fois par des élans nouveaux. Il réprimait ses sens au point qu'il semblait n'en être plus de la terre. Voyant, il ne regrettait point, entendant, il n'écoutait point, goûtant, il ne savourait point. Ainsi, après avoir passé un an dans la chambre des novices, il ne savait pas si le plafond était lambrissé ou non. Après être entré souvent dans l'église, il ignorait si elle était éclairée par une fenêtre ou par plusieurs ! Côtoyant un lac, il ne s'en aperçut même pas. Un autre jour, il but de l'huile pour de l'eau sans se douter de rien …

Bernard avait laissé au château de sa famille Névard, le plus jeune de ses frères : "Adieu cher petit frère lui avait-il dit. Nous t'abandonnons tout notre héritage. – Oui, je comprends avait répondu l'enfant, tous vous prenez le ciel, et vous me laissez la terre. Le partage est injuste". Plus tard, Nevard rejoindra Bernard au monastère de Clairvaux.

Le saint n'avait point étudié dans le monde, mais l'école de l'oraison suffit à faire de lui un grand docteur de l'Église admirable par la science et la suavité de ses écrits. Il fut le conseiller des évêques ami des papes, l'oracle de son temps. Sa principale gloire entre tant d'autres semble être sa dévotion incomparable envers la Vierge Marie. Peu de jours avant sa mort, le 20 août 1153, il dit à ses frères : "Le temps est venu d'arracher l'arbre stérile et de rappeler le serviteur inutile".

 

AMEN