DOUCEUR ET RIGUEUR

1 Co 2, 1-10 ; Lc 10, 1-9
St Dominique - (8 août 2011)
Homélie du Père Jean-Noel N'TCHA

Dominique - Stalles de Saint Maximin

 

F

rères et sœurs, nous célébrons la mémoire de saint Dominique, un des patrons de la communauté des moines apostoliques. Je voudrais souligner quelques traits de la vie de saint Dominique, mais ils sont très nombreux. Une tradition raconte qu'à sa naissance, sa mère, Jeanne aurait eu un songe dans lequel elle aurait vu un chien tenant une torche allumée dans sa gueule. La symbolique du chien dans le Moyen Age représente l'orateur, le prédicateur, la torche voulait symboliser l'embrasement qu'allait occasionner ce jeune Dominique par sa parole.

Aujourd'hui, on parlerait d'un rêve prémonitoire. Effectivement, le jeune Dominique sera un brillant orateur, il va fonder l'ordre des prêcheurs, qui plus tard deviendra l'ordre des dominicains. L'un de ses biographes trouve en lui le zèle apostolique qui l'enflammait dès son jeune âge. Dieu lui avait accordé une grâce particulière pour prier en faveur des pécheurs, des pauvres, de tous ceux qui souffraient. Il les portait dans le secret de sa compassion et ses larmes trahissaient l'ardeur de ses sentiments intimes. On retiendra aussi de Dominique qu'il a été envoyé dans le sud de la France pour combattre l'hérésie des albigeois. Cette hérésie enseignait le mépris de la matière qui appartenait au mal et au diable. Cette hérésie confondait mariage et fornication, puisque dans les deux cas, on fait intervenir la matière. Toujours selon cette hérésie, la perfection ne pouvait se trouver que dans une austérité poussée jusqu'au mépris de soi-même. Dominique sera donc envoyé pour combattre cette hérésie.

On retiendra encore de Dominique l'intégrité spirituelle et intellectuelle, la rigueur. Il y a un lien intrinsèque avec l'évangile de ce jour : les soixante-douze disciples qui ont été envoyés. L'urgence de la mission était telle que Jésus les empêchait même de saluer les gens sur la route et vous convenez avec moi que la salutation est le premier signe de la convivialité. Si quelqu'un vous salue, c'est déjà le signe que la personne n'a rien contre vous. Et Jésus leur interdit de saluer pour dire que la mission est urgente : allez annoncer le Royaume de Dieu. Et en quoi se manifestait ce règne de Dieu ? par la guérison des malades.

Aujourd'hui comme hier, le Seigneur nous envoie pour continuer l'œuvre de saint Dominique, l'œuvre des apôtres, et l'œuvre de Jésus-Christ. Soyons des porteurs de cette Bonne Nouvelle qui soulage les pauvres. Il est vrai que les pauvres ont besoin de notre argent, mais ils ont d'abord besoin de notre prière et de notre affection. C'est ce que saint Dominique faisait. La matière n'est que le signe visible de ce que nous portons dans notre cœur. Que la grâce que saint Dominique a reçue dès son jeune âge, nous soit obtenue par son intercession. Que nous puisions aussi faire œuvre de compassion au sein de notre monde qui est en perte de valeurs.

 

AMEN