PRENDRE LA HAUTEUR, OUI, MAIS IL FAUT AUSSI REDESCENDRE

Dn 7,9-10+13-14; 2P 1,16-19; Mt 17,1-9
Transfiguration - (6 août 2013)
Homélie du Père Jean-Noël N'TCHA

Redescendre … (route du Tabor)

L

a fête de la Transfiguration, quelques commentaires de cette fête disent qu'elle a eu pour but de préparer les disciples à supporter la douleur qui suivra justement cet événement heureux, la douleur de la Passion. Les disciples qui ont été témoins de ce moment heureux seront les mêmes, présents au jardin des oliviers.

La Transfiguration est comme la préfiguration de la résurrection, elle annonce ce que Jésus va vivre après la Passion. La présence de Moïse et Élie signifie la continuité entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Il n'y a pas d'hiatus entre les deux, Jésus vient parfaire l'Ancien Testament.

Ce que nous pouvons retenir comme enseignement de cette fête c'est justement cette transformation permanente, cette transfiguration de nos personnes dans la vie quotidienne. "Il est heureux que nous soyons ici" dit saint Pierre qui s'extasie devant cette merveille et il voudrait que cela dure toujours, il ne veut plus partir. Il ne veut plus quitter le Mont Tabor, il ne veut plus descendre. Or, il fallait bien descendre pour annoncer ce qu'on a vu là-haut !

Pourquoi le Mont Tabor ? Cela aurait pu être la Sainte Victoire !!! tout simplement parce que la montagne c'est le lieu de la présence de Dieu. La montagne dans l'Ancien Testament signifie le lieu de la rencontre avec Dieu. Les dix commandements ont été reçus sur le mont Sinaï, et quand Jésus voulait donner des paroles très fortes et faire part d'un grand projet, il allait sur une montagne, comme au moment de la proclamation des Béatitudes.

Cela signifie pour nous qu'il faut prendre parfois de la hauteur par rapport à certains événements, et notre montagne à tous, nous qui sommes chrétiens, c'est de pouvoir faire abstraction de tous ces bruits du monde, de ces bruits "mondains", pour dialoguer avec Dieu. Prendre de la hauteur … par rapport à nos occupations, nos préoccupations, nos soucis, nos épreuves. Laisser tout cela dans un face à face avec Dieu. Et après ce temps de recul, ne restons pas comme Pierre, il faut redescendre Quand on fait une expérience avec Dieu, il faut redescendre partager ce bien avec les autres.

Que la grâce de cette eucharistie nous obtienne cette conversion permanente qui nous transfigure. N'attendons pas le délai pour être transfiguré, car le paradis commence sur la terre. Le Royaume de Dieu commence ici-bas, il est déjà là, mais il y a aussi le "pas encore". Comment voulez-vous qu'on vive quelque chose dont on n'a pas fait l'expérience sur terre ? le paradis doit commencer ici. C'est ce que nous aurons appris à vivre ici que nous continuerons à vivre après notre mort.

Que Dieu nous aide malgré les pesanteurs du monde qui nous attirent et nous éloignent toujours de l'idéal. Que ces pesanteurs ne nous retiennent pas, qu'elles n'aient pas raison de nous. Que nous ayons toujours les yeux fixés sur le Mont Tabor, le lieu de la présence de Dieu et nous serons les enfants de Dieu. Qui écoute le premier-né d'entre les morts, Jésus notre frère, reçoit de lui pour donner. Quand on est transfiguré, c'est pour contaminer les autres de notre lumière. Nous devons être des fils de lumière parce que nous-même nous sommes transfigurés. Et cela pas seulement avec la bouche, mais à travers la vie concrète, par des petits gestes simples, un comportement amical l'un envers l'autre, un sourire qui illumine le frère ou la sœur qui sombrait peut-être. C'est cela la transfiguration. On peut rendre heureux quelqu'un simplement en lui offrant un petit sourire, cet instant de sourire fait oublier un paquet de soucis. Cette petite marque de joie reste.

Que la transfiguration de chacun et de chacune soit une occasion de joie et de bonheur, aujourd'hui, demain, et pour toujours.

 

AMEN