DANS LA LUMIÈRE DU CHRIST TRANSFIGURÉ
Dn 7,9-10+13-14; 2P 1,16-19; Mt 17,1-9
Transfiguration - (6 août 2009)
Homélie du Père Peter Arnold

Tolo : lever du soleil
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rères et sœurs, ce texte de l'évangile que nous venons d'entendre veut nous donner du courage. Peut-être que vous pensez que pour moi c'était facile comme pour les disciples de suivre Jésus, puisqu'ils l'ont vu, ils ont vécu avec lui, et ils ont été témoins de la Transfiguration. C'est vrai. Mais, même eux n'ont pas pu rester dans ce moment de bonheur, car Jésus leur dit : il faut descendre dans la réalité de la vallée quotidienne. Comme eux, nous aimerions garder nos moments heureux. Mais … cela ne marche pas, ni dans notre vie humaine, ni dans notre vie spirituelle. Il faut être continuellement en route comme dans l'évangile d'aujourd'hui.
Jésus était en route avec ses disciples vers Jérusalem, vers la montagne de sa mort et sa résurrection, vers la Passion et la somme de souffrance. Mais il a pris sur une autre montagne trois de ses disciples pour leur donner courage et par eux, nous donner courage à nous-mêmes. Mais pour accéder à la montagne, il faut monter ! Cela demande des forces, cela coûte quelque chose comme dans l'évangile de la perle et du trésor. Il faut se lever de bonne heure pour admirer le soleil levant. C'est la même chose dans notre vie spirituelle, cela coûte des forces. Il nous faut escalader la haute montagne.
Quelquefois moi aussi, je suis un peu paresseux, j'aimerais rester dans la plaine. Pour Pierre, Jacques et Jean, cet événement a eu lieu une seule fois dans leur vie. Il est à souhaiter que nous ayons dans nos vies plusieurs moments comme les disciples, pour voir cette lumière. Dans la liturgie ici, parfois, ce sont ces moments-là qui nous sont donnés, comme hier soir aux vigiles, un moment de lumière qui nous préparait à cette fête. Ou encore ce matin, au lever du soleil, le paysage changeait sous la lumière du soleil. Au moment de la transfiguration, le soleil de la Pâque du Christ change nos regards, change les choses. Tout reste identique, mais sous ce soleil levant, les choses s'adoucissent.
Dans notre monde, il y a des guerres, il y a la mort, il y a cette réalité de la souffrance qui demeure. Mais quand le soleil du Christ jette son rayonnement sur ces réalités douloureuses, notre regard change. Cela peut nous donner du courage pour redescendre. Mais avant de reprendre la route, les disciples étaient tombés à terre, ils ont eu peur. Nous aussi, dans notre vie spirituelle nous avons des moments de peur, d'incertitude, cela fait partie de nous. Mais le Christ a touché les trois disciples, et il nous touche aussi dans nos angoisses et nous dit : relevez-vous !
Ils sont descendus, mais ils ont dû sortir de la nuée, cette nuée qui n'est pas sans rappeler la présence de Dieu au désert pour conduire le peuple, cette nuée qui guidait le peuple jour et nuit. C'est dans cette nuée que le Père nous dit : "Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé, écoutez-le". Il faut nous mettre en route comme les disciples avec Jésus dans l'évangile, il est resté seul avec eux, et il reste aussi seul avec nous.
Je vous donne une autre image qui me vient de la nuit pascale. Vous portez votre cierge pascal dans vos mains, l'église est toute noire, et vous ne voyez que le visage de votre voisin, resplendissant de cette lumière pascale. Vous, vous restez dans la ténèbre, vous ne vous voyez pas, on ne voit que les autres, priant.
Dans cette fête de la Transfiguration, je vous souhaite courage pour vous mettre en route, avec ce message du Christ dont le visage rayonne sur chacun et chacune d'entre nous-même si je ne vois pas.
AMEN