SOYONS D'ABORD SERVITEURS
2 Co 4, 7-15 ; Mt 20, 20-28
St Jacques me majeur - (25 juillet 2011)
Homélie du Père Jean-Noel N'TCHA

Crépy-en-Valois
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rères et sœurs, cet épisode de l'évangile de saint Matthieu que nous venons d'entendre est toujours d'actualité, et ceux qui font l'expérience en quête d'un travail en savent quelque chose. Dans la vie d'un homme la meilleure chose qu'on puisse obtenir, c'est une position sociale confortable, une situation, un rang, une position. Voilà ce qui motive tant d'hommes et de femmes.
Cette attitude ne date pas d'aujourd'hui, la mère de Jacques et de Jean, tous deux fils de Zébédée, vient et fait cette demande à Jésus : "Ordonne que mes deux fils s'asseyent l'un à ta droite, l'autre à ta gauche" et seraient premiers ministres du président Jésus ! Chose honorable. Et c'est une demande légitime, j'aurais été à leur place, j'aurais peut-être voulu davantage sachant que ce Jésus était le Messie attendu par le peuple d'Israël, il devait libérer le peuple de la servitude. Qui ne voudrait pas être le bras droit de celui-là. Et la preuve que tous les apôtres désiraient implicitement cette place c'est que les dix quatre s'en étaient indignés : pourquoi ceux-là, Jacques et Jean veulent-ils occuper ces places ? Leur réaction est normale.
Justement, ces deux fils demandaient quelque chose dont ils mesurent peu l'importance et la gravité. Jésus leur demande : "Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ?" Et eux, spontanément, répondent : "Oui". Cette spontanéité est née le jour de leur appel sur le Lac de Tibériade. L'évangéliste dit : à l'appel de Jésus : suis-moi, ils ont laissé et filets, et poissons, et leur père, et leur barque. Une réponse généreuse, spontanée mais encore mitigée, mêlée à des sentiments d'intérêt. C'est ce que nous venons d'entendre.
Peut-être qu'en suivant ce Jésus ils pensaient occuper des places sociales importantes, puisque c'est lui le libérateur. Or, tout ce temps qu'ils auront à passer avec Jésus sera un temps de travail d'abord personnel pour eux-mêmes, et ensuite pour les autres. Ce sera un temps de conversion personnelle, de transformation. Et Jacques dont nous faisons mémoire aujourd'hui, nous savons de quelle mort il va témoigner de sa foi. Mais cette mort a été préparée de manière spirituelle. On retiendra qu'il a été le témoin privilégié à la transfiguration, de la résurrection de la fille de Jaïre, et enfin de l'agonie de Jésus au Mont des Oliviers.
Tout ceci pour lui faire changer ce désir de grandeur humaine : celui qui veut me suivre il doit s'abaisser et se mettre au service des autres. Voilà la leçon que la célébration du martyre de ce Jacques nous donne aussi. Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. Comment pourrions-nous prétendre être plus grand que Jésus, notre maître ?
Au cœur de cette eucharistie, nous demandons au Seigneur la grâce d'assumer les petites portions de responsabilité qui nous sont dévolues avec humilité et je dirais qu'au moment de cette demande d'occuper les places à droite ou à gauche de Jésus, Jacques et Jean n'avaient pas encore compris qui était réellement Jésus. Et quand on parcourt les écrits de saint Jacques, on comprend mieux qu'il lui manquait encore un long chemin de transformation intérieure. Il a compris plus tard, il trouvait que les richesses sont inutiles, car la vraie richesse réside dans l'homme humble et pauvre.
Que cette eucharistie nous obtienne la grâce à la suite de saint Jacques, de comprendre quelle est notre mission dans notre Église particulière et aussi dans l'Église universelle.
AMEN