CONTEMPLATIF ET ENSEIGNANT
Ep 3, 14-19 ; Mc 4, 1-9
St Bonaventure - (15 juillet 1982)
Homélie du Frère Michel MORIN
Bastogne : Musée de Piconrue - Saint Bonaventure
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aint Bonaventure, comme chacun de nous, avait des oreilles et il a entendu. Et c'est pour cela que sa vie fut extrêmement riche, pour lui-même, pour les hommes de son temps et pour tant de siècles après lui. Il est né en 1221, l'année même de la mort de saint Dominique, cinq ans avant celle de saint François d'Assise, dont il raconte dans une de ses vies que, s'il a pu vivre, c'est grâce à l'intercession de saint François parce que, étant malade, tout enfant, sa mère avait fait un vœu à saint François. Et toute sa vie sera marquée par cette présence lumineuse et profonde de François d'Assise, puisqu'il entrera lui-même dans l'ordre des Franciscains dont il deviendra pendant une vingtaine d'années le ministre général.
François n'aimait pas beaucoup que ses frères fassent des études parce qu'il disait que cela pouvait les distraire de l'essentiel qui est la contemplation du mystère de Dieu. Or, Saint Bonaventure a fait beaucoup d'études, il a beaucoup enseigné, tout au long de sa vie, mais il n'a jamais été distrait de la contemplation du mystère de Dieu parce que les études qu'il a faites, l'enseignement qu'il a donné ne portait que sur le mystère de Dieu.
Il a écrit plusieurs ouvrages de spiritualité, essayant de baliser, de donner des pistes, de donner des points de repère essentiels pour la vie spirituelle tant des religieux auxquels il prêchait, fussent-ils franciscains ou dominicains ou bénédictins, que pour le peuple chrétien qu'il rencontrait souvent au long de ses innombrables voyages en Europe. Et le cœur même de cette spiritualité qu'il enseignait, c'était le cœur même de sa propre vie, c'est-à-dire la contemplation du mystère de Dieu.
Il contemplait ce mystère de Dieu non pas comme un spectateur qui voit ou qui cherche à voir quelque chose sur un écran, mais il parcourait dans sa propre vie et dans la vie de l'Église ces multiples pistes qui lui ont permis, pendant sa vie, de parcourir et de mesurer vraiment toute la profondeur, toute la hauteur, toute la longueur et la largeur de ce mystère de Dieu.
Saint Bonaventure nous rappelle aujourd'hui que le sens premier et définitif de toute vie, qu'elle soit célèbre ou qu'elle ne le soit pas, peu importe, chacun selon la grâce que Dieu lui a donnée, que toute vie ne peut être valable, ne peut être une vie et que tout homme ne peut être un homme que dans la mesure où il accepte de vivre dans le mystère de Dieu, où il accepte de faire en sorte que le mystère de Dieu vienne vivre en lui. Et à ce moment-là, c'est Dieu Lui-même qui donnera à cette vie toute sa largeur, toute sa profondeur, toute sa grandeur et comme dit saint Paul de la plénitude de cette vie nous entrerons dans la plénitude du mystère de Dieu.
AMEN