UNE DOUBLE DIMENSION

Ac 12, 1-11 ; 2 Tm 4, 6-8 + 16-18 ; Mt 16, 13-19
SS. Pierre et Paul - (29 juin 2010)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

L'isle-sur-Aumont : Pierre et Paul

 

F

rères et sœurs, dans la vie de toute Église, de toute communauté chrétienne, il y a deux dimensions inséparables. Même si aujourd'hui on a tendance à les spécialiser, en réalité, elles ne font qu'un. Ces deux dimensions, c'est la confession de la foi et la mission pour annoncer le salut. Ces deux choses sont tellement inséparables qu'il n'y a pas de confession sans la mise en public de cette confession et le mouvement vers ceux qui ne l'ont pas entendu. D'autre part, si la mission n'avait pas comme contenu la confession de la foi ce serait n'importe quoi !

Si l'Église a tenu à ne pas séparer Pierre et Paul dans une fête commune dans une mémoire commune, si tous les deux ont été amenés à témoigner jusqu'au sang dans la ville même de Rome, c'est précisément pour mettre en évidence que la réalité même de l'Église était le résultat de cette synergie, de cette complémentarité absolument nécessaire de la confession et de la mission. Pour ce qui est de Pierre, c'est assez évident, autant on nous évoque le personnage de Pierre dans les évangiles comme celui que nous venons d'entendre dans la confession de Césarée, autant on nous le présente comme le roc de la foi, l'appui même de la confession de foi, mais ensuite, on prend déjà soin d'évoquer chez Pierre la première mission auprès des païens, une mission certes un peu complexe, puisqu'il s'agit encore d'une mission sur la terre d'Israël auprès d'un centurion qui est un prosélyte, mais il y a une première ouverture.

En tout cas chez Paul, l'aspect du primat de la mission est absolument évident. C'est Paul qui est l'inventeur réel de la mission chrétienne. C'est lui qui a pris au pied de la lettre les différents envois de disciples que Jésus avait fait durant sa vie, et qui semble-t-il, ne prenaient pas tellement corps au moment même où la première communauté s'implantait à Jérusalem. C'est Paul qui, à Antioche, rencontrant des juifs et des païens, a imaginé qu'on pourrait désormais dans des missions itinérantes, évangéliser, annoncer, proclamer la confession de foi.

C'est donc une fête qui non seulement est la fête du siège de Rome et de la communion de toutes les Églises avec ce siège, mais c'est la fête de l'existence du statut de l'existence chrétienne. Bien entendu un seul est appelé à prendre la place sur le siège de Pierre et de Paul à Rome, mais tous nous sommes, d'une manière ou d'une autre, appelés dans notre vie à déployer cette double dimension de la confession de foi et de la mission.

C'est vrai que nous vivons dans un monde où la mission peut tout de suite apparaître comme une sorte de prosélytisme, que c'est mal vu, que cela paraît un tout petit peu dangereux. Mais la réalité de la mission n'est pas simplement l'évangélisation des rues. La réalité de la mission c'est la manière même de vivre notre foi non pas simplement pour nous-même, mais comme un véritable service de nos frères.

Qu'à travers cette fête, par l'intercession de Pierre et de Paul, nous reprenions mieux la mesure de ce que Dieu a voulu pour la vie de chacun d'entre nous. Que nous soyons à la fois confesseurs de la foi et missionnaires, annonciateurs de cette foi auprès de tous nos frères.

 

AMEN