PIERRE ET PAUL

Ac 12, 1-11 ; 2 Tm 4, 6-8 + 16-18 ; Mt 16, 13-19
SS. Pierre et Paul - (29 juin 2007)
Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

L

e martyre étant toujours une fête importante et la figure de Pierre et de Paul, chacune de ces figures étant importante pour elle-même cela aurait certainement mérité une solennité du martyre de Pierre, et une solennité du martyre de Paul. Il y a des gens que l'on fête ensemble, parce qu'ils ont à voir quelque chose ensemble, Côme et Damien, par exemple martyrisés ensemble, mais il y en a d'autres que l'on fête séparément, saint Laurent est fêté séparément dans son martyre, du pape qu'il a servi, saint Sixte, on aurait pour les conjoindre.

Ici, l'on conjoint dans une même solennité et célébration, deux êtres qui d'ordinaire, d'après ce que l'on dit, n'ont pas grand-chose en commun, parce qu'ils ne sont pas morts la même année, 64 pour l'un, 67 pour l'autre, parce qu'ils ne sont certainement pas même s'ils sont juifs tous les deux, du même milieu social. L'un est pêcheur galiléen, pas d'un milieu très reluisant, l'autre pharisien, juif de la diaspora, même citoyen romain, ce qui veut dire qu'il est issu d'un bon milieu. L'un semble parfois un peu statique, un peu lourd et lent, l'autre semble vif, agile, même l'introduction de leur fête au missel romain signale qu'ils ont deux tempéraments différents. Et pourtant, l'Église les fête ensemble.

En effet, l'Église a toujours fêté le martyre de saint Pierre et de saint Paul ensemble parce que l'Église romaine c'est l'Église de saint Pierre et de saint Paul, ils sont morts tous les deux à Rome. Ce qui est important, c'est ce que l'on voit sur l'icône : deux êtres qui s'embrassent. Ils ont dû rarement s'embrasser, et il y a un personnage qu'il ne faut pas oublier : c'est le personnage du haut de l'icône, c'est le Christ qui étend la main d'un côté et de l'autre, parce que c'est le Christ qui rassemble et semble les réunir et les faire vivre dans la communion. Et on peut relire ce qui rapproche Pierre de Paul, tout ce qui leur et commun. Ce désir d'annoncer le Christ. Il y a en a un qui a renié le Christ, saint Pierre, mais l'autre a été le persécuteur des chrétiens. Il y en a un qui s'est entendu dire : "Simon, tu es Pierre", et parce que Pierre confesse : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, ce mystère caché depuis les origines", et l'autre, Paul qui entend : "Saul, pourquoi me persécutes-tu ?" et une fois converti, il peut dire : "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi".

Ces figures de Pierre et de Paul, ne cessent d'être l'une et l'autre de se faire écho, la résonance de deux hommes témoins du même homme, de ces deux apôtres du même Seigneur, de ces deux hommes amis du même Seigneur qui les a faits ses amis, ses apôtres. Aussi, quand l'Église célèbre Pierre et Paul ensemble, ce qu'elle célèbre, c'est cette si belle histoire de Dieu dans la vie de chacun. Les uns et les autres ne changent pas fondamentalement de caractère ou de tempérament, mais l'un et l'autre sont nécessaires au Christ pour que son Église soit l'Église soit celle de la communion, pour que son Église soit remplie de toutes les qualités des hommes, pour que la Bonne Nouvelle soit transmise à tous. Pierre et Paul, c'est ce visage infini d'une Église toujours pécheresse mais toujours réconciliée, et parce que réconciliée capable d'annoncer la miséricorde infinie de Dieu à tous les hommes

 

Ainsi, en célébrant Pierre et Paul, nous comprenons que l'Église est celle qui est confiée à Pierre : "Sois le pasteur de tout mon troupeau", et à Paul qui est l'apôtre de toutes les nations. Ils ont ensemble un bien commun parce qu'ils ont ensemble une foi commune, le même Dieu et homme, le même Seigneur qui les guide dans leur existence propre et les appelle à être vraiment témoins jusqu'au bout du don de Dieu.

 

AMEN